[176]: Pour goujarts ou goujats, valets d'armée.
[177]: Nous avons déjà dit que c'est la Picardie, où s'étoient portées les troupes des princes mécontents, qui avoit le plus souffert.
[178]: C'est là qu'au mois d'avril les chefs s'étoient rassemblés pour entendre les propositions de paix qui leur étoient faites de la part de la cour. Les soldats cependant ravageoient la campagne et vivoient sur le bonhomme, qui, dévoré par l'un et l'autre parti, ne savoit pas lequel des deux étoit son plus cruel ennemi.
[179]: M. de Vendôme, qui commandoit dans cette province, avoit été le seul qui n'eût pas souscrit au traité de Sainte-Menehould, sans doute pour se venger des quelques jours de prison qu'on lui avoit fait subir au Louvre, à la première nouvelle des troubles. Il fallut un voyage du roi de ce côté pour que la paix s'y rétablît.
[180]: Nous publions ce livret d'après l'un des 70 exemplaires de la réimpression faite à Chartres, chez Garnier, en août 1847, par les soins de M. Gr. Duplessis. Réimprimer cet opuscule à Chartres, c'étoit le faire renaître où il étoit né; les personnages qui y jouent un rôle sont Chartrains, on le verra bien à leur langage, et l'auteur lui-même étoit, ou peu s'en faut, leur compatriote. D'après la découverte un peu tardive qu'en a faite M. Duplessis, il se nommoit François Pedoüe, et il étoit chanoine de Chartres. Né à Paris en 1603, il appartenoit à la Beauce par la famille de sa mère, Françoise de Tranchillon, sœur de M. d'Armenonville. Il fit ses études à La Fèche, chez les jésuites, et obtint, n'ayant que vingt ans, par les soins du premier cardinal de Retz, la prébende à la cathédrale de Chartres, dont il prit possession en 1623. Il n'étoit pas encore prêtre, et pendant douze ans il ne fit rien d'un prêtre. En 1626 il publia, chez Peigné, à Chartres, un recueil de poésies fort mondaines dont M. Duplessis a vu un des rares exemplaires chez un bibliophile chartrain. C'est en 1631 qu'il donna Le Bourgeois poli, qu'on ne croiroit certes pas avoir été écrit par une plume ecclésiastique. Mais Fr. Pedoüe, alors, n'étoit qu'un petit maître «vestu de satin, est-il dit dans sa vie manuscrite par le chanoine Lefebvre, portant point coupé à son rabat, escorté de deux laquais, dont il avoit appelé l'un Tant-Pis et l'autre Tant-Mieux, enfin général de l'ordre des chevaliers de Sans-Souci», dont il avoit été le fondateur, ajoute M. Duplessis. Le chanoine Lefebvre dit quelques mots du livret que nous reproduisons ici et du succès qu'il obtint dans toutes les classes de la société. Il parle «d'un de ses ouvrages, entre autres, intitulé Le Bourgeois poli, dans lequel étoit représenté au nayf toutes les conditions; et il n'y avoit ni petit ni grand qui n'en fust garni». Pédoüe donna plus tard un sérieux démenti aux dissipations et aux œuvres frivoles de sa jeunesse: «Les grands services qu'il a rendus à la cité, en qualité d'échevin, dit M. Duplessis, son rôle de négociateur et de pacificateur dans les sanglantes querelles des nobles et des bourgeois en 1651, les œuvres de charité qu'il a fondées, et dont la principale subsiste encore après plus de deux cents ans, l'austérité des trente dernières années de sa vie, le zèle infatigable avec lequel il s'est dévoué aux choses de son ministère, tels sont les titres sérieux qui le recommandent à la postérité chartraine.»
[181]: On fit, au 17e siècle, un grand nombre d'ouvrages sur la bienséance, le bien dire, etc., où l'on pouvoit constater les progrès que l'art de la politesse avoit faits depuis le moyen âge, qui n'avoit eu guère pour Code d'urbanité que la Dictiée d'Urbain et les Contenances de table. Au 16e siècle, en outre de la Civile honnesteté, imprimée pour la première fois en 1560, un Traité de civilité puérile, par Saliat, avoit été publié à Paris, chez Simon de Colines, d'après le petit livret en latin écrit sur le même sujet: le Quos decet, par exemple, relatif aux usages de la table; les Dialogues de Mathurin Cordier, et le livre d'Erasme sur la Civilité morale. On donna de celui-ci un grand nombre de traductions. Malherbe en cite une qu'il avoit vue affichée, et dont l'auteur étoit un petit garçon de douze ans. Il se moque du bambin traducteur, et par contrecoup d'Erasme, qu'il n'admet pas pour juge en ces matières: «Je ne sçaurois croire, écrit-il, qu'Erasme sût que c'est de civilité, non plus que Lipse sait que c'est que de police. Je serois bien aise de voir un premier gentilhomme de la chambre écrire du premier point, et un roi du second; ils en parleroient, à mon avis, plus pertinemment que des pédants, et ce seroit ces livres-là que j'achèterois très volontiers, comme faits par des gens du métier.» Malherbe dit tout cela dans sa lettre à Peirèsc, du 10 octobre 1613, à propos d'un livre des Civilités puériles dont celui-ci avoit entendu parler à Aix, et sur lequel il désiroit des renseignements. C'étoit sans doute une nouvelle édition du livre de Saliat, cité tout à l'heure. Les éditions des ouvrages de ce genre se multiplioient à l'infini: le livre d'Antoine Courtin, Nouveau Traité de la civilité qui se pratique en France, parmi les honnestes gens, en étoit à sa onzième en 1678; et Dieu sait à quel chiffre en sont arrivées celles de la Civilité puérile et honneste que le P. Lasalle, instituteur des frères des écoles chrétiennes, publia pour la première fois en 1713, et qui, depuis lors, n'a rien changé ni à son texte, ni à son caractère. (Dibdin, Voyages bibliogr. en France, t. II, p. 71.) Nous citerons encore, parmi les livres de ce genre publiés aux derniers siècles, le Nouveau Traité de civilité françoise, Paris, 1695, in-8; les Eléments d'instruction de Blégny, Paris, 1691; Instruction chrétienne, 1760; et pour beaucoup d'autres nous renverrons à une longue note du Palais Mazarin, 293-297. Pour le caractère dit de civilité, qui est spécial au plus populaire de ces petits livres, nous conseillerons de lire ce qu'en a écrit M. J. Pichon, Mélanges de littérature et d'histoire, publiés par la Société des bibliophiles françois, p. 330-337.
[182]: Mot se dit dans le commerce du prix qu'on demande d'une marchandise et de l'offre qu'on en fait. (Trévoux.)
[183]: Idiotisme chartrain pour ne nous livrerons plus rien. Amar est un mot celtique qui se retrouve dans le bas breton, et dont, par une extension de sens, on a fait le verbe amarrer. (Falconnet, Mém. de l'Acad. des Inscript., p. 10.)
[184]: Trompés. Affronteur se disoit pour un faiseur de dupes. (V. Charron, La Sagesse, liv. I, ch. 16.)