[186]: On disoit d'une étoffe de soie, peluche, velours, ou satin, qu'elle étoit à deux ou trois poils, selon le nombre des lignes jaunes marquées sur la lisière. Celles qui en portoient trois étoient les plus belles. Par extension, on disoit pour un vrai brave, en qui se trouvoit l'étoffe d'un courage sans mélange, que c'étoit un brave à trois poils.

[187]: Barguigner. Ce mot ne se prit d'abord que dans le sens de marchander, qu'on lui donne ici. (R. Spifame, Dicæarchiæ Henrici regis progymnasmata, arrest 224e, et Rabelais, édit. Burgaud, t. 2, p. 68.) On trouve dans une ordonnance de taxe du temps de Chartes VI: «Defense aux barguigneurs de barguigner», c'est-à-dire de marchander avant l'ouverture du marché. (Monteil, Traité des matériaux manuscrits, t. II, p. 306, 307.) Il se retrouve dans la 91e des Cent Nouvelles nouvelles, et en anglais to bargain signifie encore marchander. L'origine de ce mot vient, selon quelques-uns, d'une métaphore employée au jeu de l'Oie. (Biblioth. de l'Ecole des Chartes, 3e série, t. II, p. 304.)

[188]: C'est-à-dire qui prennent des arrangements pour payer. Chevissoire est ici pour chevisance, qui, en terme de palais, signifioit traité, accord.

[189]: Les draps d'Angleterre avaient alors la vogue, mais ils n'étoient anglais que de nom. Le M. Guillaume de l'Avocat pathelin de Brueys ne ment pas lorsqu'il parle de ses brebis qui lui donnent d'excellente laine d'Angleterre! Le carizi étoit fait avec de la laine de Flandre, et son nom n'est qu'une altération de celui des arazi, étoffes d'Arras, célèbres partout au moyen âge. Dès le 14e siècle, il est parlé en Italie des étoffes appelées arassa (Muratori, t. XVI, col. 583); et l'on sait par le testament de Richard II, que ce roi d'Angleterre portoit, entre autres vêtements, des habits de drap d'Arras. (Rymer, t. III, 4e part., p. 158.) Arras, au XVIe siècle, fournissoit toutes les tapisseries de haute lisse, appelées encore en Italie arazzi, ou panni di rassia. (L. De Laborde, Union des Arts et de l'Industrie, t. 2, p. 435.)

[190]: L'étain est la partie la plus fine de la laine cardée.

[191]: est un vieux mot qui signifie largeur. Il ne s'emploie plus que dans ce sens. Chaque fabrique avoit son pour les draps, c'est-à-dire sa largeur entre les deux lisières. Pathelin demande à maistre Guillaume, pour son drap: «Quel lé a-t-il?» et l'autre répond: «Lé de Brucelle.»

[192]: Dans l'ancienne médecine, être tranché se disoit pour avoir des coliques, des tranchées.

[193]: Une femme qui vous harasse, vous fatigue.

[194]: Je ne sais ce que ce mot veut dire au juste. La phrase doit, toutefois, signifier: «Elle a esté trois ans comme si elle n'avoit eu de mère.» Orfente signifioit orpheline; c'étoit, dit Borel, comme qui diroit orphelinette.

[195]: Ou ça mon, interjection populaire que nous avons déjà souvent rencontrée.