[269]: C'est, en effet, le jour du grand sabbat, ce qui n'empêchoit pas celui qui se tenoit régulièrement toutes les semaines, dans la nuit «du mercredi venant au jeudi, ou du vendredi venant au samedi.» (De Lancre, De l'inconstance des démons, p. 66.)

[270]: Cette façon de s'oindre pour se métamorphoser ou se rendre invisible étoit de la vieille magie. La sorcière thessalienne chez qui logea Lucius ne procédoit pas autrement: «Elle ouvrit un gros coffret où étoit force petites fioles; elle en prit une. Ce qu'il y avoit en cette fiole contenu, au vrai je ne le saurois dire. A voir, il me parut comme une sorte d'huile, dont elle se frotta toute des pieds jusqu'à la tête, commençant par le bout des ongles; et lors, voilà de tout son corps plumes qui naissent à foison, puis un bec au lieu de son nez, fort et crochu. Que vous dirai-je? En moins de rien elle se fit oiseau de tout point, le plus beau chat huant qui fut oncques.» (La Luciade, dans les Œuvres complètes de P. L. Courier, 1839, in-8, p. 124-125.)» Lorsque les sorcières s'oignent, dit de Lancre, p. 399, elles disent et répètent ces mots: Emen-Hetan, emen-Hetan, qui signifient ici et là, ici et là.»

[271]: C'est le Faust de la légende, dont la plus ancienne histoire connue fut publiée à Francfort en 1588, cum gratia et privilegio, chez Jean Spies. En 1599, Georges-Rodolphe Widmann avoit publié à Hambourg une seconde histoire de cette vie magique et livrée au diable. On tira de l'une et de l'autre un petit livre écrit en françois: l'Histoire prodigieuse et lamentable de Jean Faust, grand et horrible enchanteur, avec sa mort épouvantable; Rouen, 1604, in-12. L'œuvre de Goëthe est sortie de là, comme l'aigle de son œuf; on y trouve tout le poëme, même Méphistophélès, avec une toute petite différence de nom. C'est Méphostopholis qu'il s'appelle. Avant ces petits livrets, on ne connaissoit guère le docteur Faust que par ce qu'en a dit l'abbé Trithême dans une de ses lettres, datée du 20 août 1507 (Haguenau, 1536, chez J. Spiegel): «Faustus junior, y est-il dit, fons necromanticorum, astrologus, magus secundus, chiromanticus, agromanticus, pyrmanticus, in hydrâ aste secundus... venit Staurosum, et de se pollicebatur, ingentia dicens se in alchemia, omnium quæ fuerunt unquam este perfectissimum, et scire atque posse quidquid homines optaverint

[272]: Sur ces coureurs basques, parmi lesquels les grands seigneurs choisissoient leurs laquais au 17e siècle, V. Francisque-Michel, Le Pays basque, p. 100-102. L'un des valets de Célimène, dans le Misanthrope, s'appelle Basque.

[273]: Sur les anneaux constellés, comme les appelle Molière dans L'Amour médecin, et sur quelques autres bagues magiques, V. Ch. Louandre, La Sorcellerie, 1853, in-18, p. 52-53.

[274]: C'étoit une butte, dont rien n'est resté que le nom. Il lui étoit venu des exercices de poésie et de chant qu'y venoient faire, au 16e siècle, les écoliers des différents colléges de Paris. A l'époque de la Fronde, dans la crainte que les troupes royales n'y prissent position, il fut décidé qu'on l'aplaniroit: «Faut demander aux habitants du faubourg Saint-Germain de desmolir le Mont-de-Parnasse.» (Registre de l'hôtel de ville pendant la Fronde, t. I, p. 154.)

[275]: V. Coquillard. édit. d'Héricault, t. I, p. 186; Ancien Théâtre, t. V, p. 372.

[276]: Ces carrières de Montmartre servoient d'abri à plus d'un de ces conciliabules de sorciers. C'étoit un lieu propre à toutes sortes de réunions clandestines, et l'on sait qu'Ignace de Loyola y rassembla ses premiers disciples le jour où tous prononcèrent, dans la chapelle voisine, le vœu solennel qui fut le point de départ de la société de Jésus. (Orlandin. Histor. societ. Jesu, pars prima, lib. I, p. 20.)

[277]: Sur ces sources, qui descendoient de Belleville et des Prés-Saint-Gervais, pour remplir les fossés et entraîner les immondices des égouts de Paris, V. un article du Mercure (août 1811, p. 225), et notre article Une rivière souterraine dans Paris (Moniteur, 8 août 1855).

[278]: On confondoit volontiers ces sectaires avec les libertins de la société de Théophile, afin de les englober dans une même excommunication, et, si c'étoit possible, dans le même supplice. Le P. Garasse, en son Apologie, rapproche perfidement le nom de Théophile de celui des frères de la Croix de Roses (sic). V. Œuvres de Théophile, édit. Alleaume, t. I, p. LIX.