[298]: S'il falloit en croire l'histoire secrète des amours du cardinal de Richelieu avec Marie de Médicis et Mme de Combalet publiée en 1805 dans les Souvenirs du comte de Caylus, puis par Auguis dans les Révélations indiscrètes du dix-huitième siècle, cette haine de Marie de Médicis auroit eu la jalousie pour cause, Mme de Combalet, toujours d'après ce récit scandaleux, ayant enlevé à la reine-mère l'amour du cardinal, son oncle.

[299]: C'est cette circonstance que le P. Griffet trouve peu vraisemblable. Leclerc, dont encore une fois le récit est, sauf quelques particularités, tout à fait conforme à celui-ci, se contente de dire: «Ayant déboutonné son juste au corps, il (le roi) se jeta sur le lit, et dit à Saint-Simon qu'il se sentoit comme tout enflammé.» Ce débraillé, quelle qu'en fût la cause, étoit nécessaire au roi. Le mal dont il avoit failli mourir tout dernièrement à Lyon étoit, dit Leclerc, «une apostume dans le mesentère qui lui faisoit enfler le ventre», et il est assez naturel qu'il ne pût encore supporter longtemps un vêtement serré.

[300]: Saint-Simon, toutefois, avoit déjà prouvé qu'il étoit dévoué au cardinal. Quand on avoit été sur le point de désespérer des jours du roi, c'est à lui que Richelieu s'étoit confié pour se tirer du péril dans lequel cette mort pourroit le jeter. «Le cardinal, dit Leclerc, pria Saint-Simon, grand-écuyer, qui ne bougeoit d'auprès de la personne du roi, de porter Sa Majesté à avoir quelque soin de son premier ministre.» (Vie d'Armand-Jean, cardinal-duc de Richelieu, 1724, in-12, t. II, p. 98.)

[301]: C'est cette affaire où le duc de Savoie, soutenu par l'empereur et les Espagnols, vouloit se donner le gros lot, le duché de Mantoue, qui avoit motivé la dernière expédition de Louis XIII et sa conquête de toute la Savoie. Un traité étoit intervenu, par l'entremise de Mazarin, qui entre en scène pour la première fois comme négociateur au nom du duc de Savoie. La paix étoit faite, mais, ainsi que le dit fort bien le grand-écuyer, l'affaire n'étoit pas finie pour cela, puisque les ennemis s'avoient pas encore évacué le duché de Mantoue. Ils n'en partirent que le 27 novembre.

[302]: Saint-Simon savoit qu'en telle occurrence Richelieu n'ajournoit guère le moment de se mettre en sûreté, et qu'il en cherchoit au plus tôt les moyens. A Lyon, il y avoit songé, et avoit fait en sorte que le roi, tout mourant qu'il fût, y songeât pour lui. Le duc de Montmorency, à la prière de Louis XIII, avoit promis de mener Son Eminence en toute sûreté à Brouage. Ce n'étoit pas encore assez pour Richelieu: il avoit voulu s'assurer de Bassompierre et des Suisses. Bassompierre avoit refusé, et il le paya bientôt chèrement. Peu de temps après la Journée des Dupes, il étoit à la Bastille.

[303]: V. Mémoires, édit. Hachette, in-18, t. I, p. 36.

[304]: Suivant Leclerc, le gentilhomme envoyé par Saint-Simon trouva Richelieu emballant ses papiers et ses meubles, pour se retirer à Brouage, dont il étoit gouverneur. La Valette étoit avec lui, comme le dit Saint-Simon; mais Leclerc, dont en cela la relation diffère un peu, ajoute que ce cardinal alla chez le roi, vit Saint-Simon, qui lui confirma toute l'affaire, puis Sa Majesté, qui lui dit: «Monsieur le cardinal a un bon maître; allez lui dire que je me recommande à lui et que sans délai il vienne à Versailles.» C'est à cause de cette démarche de La Valette et des paroles du roi que le rôle principal a sans doute été donné à ce cardinal dans plusieurs relations.

[305]: Sur les Marillac, V. plus haut, p. [8] et [9]. Michel, frère du maréchal, avoit les sceaux. Mandé le soir même à Glatigny, près de Versailles, il crut à un redoublement de fortune; mais le lendemain La Ville-aux-Clercs vint le trouver, se fit remettre les sceaux et l'emmena à Châteaudun.

[306]: Richelieu, sauvé par Saint-Simon, fut-il reconnaissant? Ecoutons les Mémoires du fils (t. I, p. 34): «Il n'est pas difficile de croire que le cardinal lui en sut un bon gré extrême, et d'autant plus qu'il n'y avoit aucun lien entre eux. Ce qui est plus rare, c'est que, s'il conçut quelque peine secrète de s'être vu en ses mains, et de lui devoir l'affermissement de sa place et de sa puissance, et le triomphe sur ses ennemis, il eut la force de le cacher si bien qu'il n'en donna jamais la moindre marque, et mon père aussi ne lui en témoigna pas plus d'attachement. Il arriva seulement que ce premier ministre, soupçonneux au possible, et persuadé sur mon père, par une expérience si décisive et si gratuite, alloit depuis à lui sur les ombrages qu'il prenoit. Il est souvent arrivé à mon père d'être réveillé en sursaut, en pleine nuit, par un valet de chambre, qui tiroit son rideau, une bougie à la main, ayant derrière lui le cardinal de Richelieu, qui s'asseyoit sur le lit, et prenoit la bougie, s'écriant quelquefois qu'il étoit perdu, et venant au conseil, et au secours de mon père sur des avis qu'on lui avoit donnés, ou sur des prises qu'il avoit eues avec le roi.»

[307]: Ce fragment est de Saint-Simon, comme le précédent, et vient de la même source. Il complète ce qu'on trouve sur le même sujet, au chapitre V des Mémoires (édit. Hachette, in-18, t. I, p. 39).