[308]: Le roi et le cardinal, qui vouloient en finir avec le duc de Savoie et ses prétentions sur Mantoue, étoient partis de Grenoble le 2 février 1629 pour se rendre au pied des Alpes, alors toutes couvertes de neige. (V. Bassompierre, anc. édit., t. II, p. 524; Vittorio Siri, t. VI, p. 603.)
[309]: Quand, l'année suivante, Louis XIII retourna en Savoie, la peste y étoit encore. (Leclerc, Vie de Richelieu t. II, p. 83, 97.)
[310]: C'est le passage des Alpes, dont la ville de Suse domine l'entrée, à la réunion des deux routes du mont Cenis et du mont Genèvre.
[311]: «Les diverses ruses, dit Saint-Simon dans ses Mémoires (t. I, p. 38), suivies de toutes les difficultés militaires que le fameux Charles-Emmanuel avoit employées au délai d'un traité et à l'occupation de son duché de Savoie, l'avoient mis en état de se bien fortifier à Suse, d'en empêcher les approches par de prodigieux retranchements bien gardés, connus sous le nom de barricades de Suse, et d'y attendre les troupes impériales et espagnoles, dont l'armée venoit à son secours.»
[312]: Bassompierre, Créqui et Schomberg.
[313]: Pierre de Nyert, ou plutôt de Niel, musicien de Bayonne, qui, venu jeune à Paris, avoit d'abord appartenu à M. d'Epernon, puis à M. de Créqui, à la suite duquel il étoit allé à Rome. Il y avoit appris la manière de chanter des Italiens, qu'il combina habilement avec celle qui étoit à la mode en France, et se fit ainsi une méthode d'une fort agréable originalité. Il passa pour avoir fait une révolution dans la musique. (Tallemant, édit. P. Paris, t. VI, p. 192.) M. de Mortemart, qui l'avoit amené dans son équipage, étoit premier gentilhomme de la chambre et fut duc et pair en 1633. Au retour de Suse, d'Assoucy vit à Grenoble de Nyert chantant devant le roi. Dans l'Epistre qu'il lui adressa, et qui se trouve parmi ses Poésies et Lettres (1653, in-12), il lui dit:
Gentilhomme de maison noble,
Qu'en noble ville de Grenoble
Je vis item, et que j'ouïs
Chanter devant le roi Louïs,
Qui vous trouva, chanson chantée,
Digne d'être son Timothée.
Louis XIII le fit son premier valet de chambre, et c'est de Nyert qui charma ses derniers instants: «Quelques jours avant sa mort, dit Onroux dans son Histoire de la Chapelle des rois de France, Louis XIII se trouva si bien qu'il commanda à de Nielle d'en rendre grâces à Dieu, en chantant un cantique de Godeau, sur l'air composé par Sa Majesté. Cambefort et Saint-Martin s'étant mis de la partie, ils formèrent tous trois un concert vocal dans la ruelle du lit, le malade mêlant, autant qu'il le pouvoit, sa voix aux concertants.» Louis XIV continua de Nyert dans sa charge de premier valet de chambre; il l'occupoit encore en février 1677, quand La Fontaine lui adressa son Epistre sur l'Opéra (Œuvres complètes, édit. gr. in-8, p. 542), et, en 1689, quand il lui arriva le double accident dont Mme de Sévigné parle ainsi dans sa lettre du 12 octobre: «L'abbé Bigorre me mande que M. de Niel tomba, l'autre jour, dans la chambre du roi; il se fit une contusion, Félix le saigna et lui coupa l'artère: il fallut lui faire à l'instant la grande opération. Monsieur de Grignan, qu'en dites-vous? Je ne sais lequel je plains le plus, de celui qui l'a soufferte, ou d'un premier chirurgien du roi qui coupe une artère.»
[314]: Son fils eut sa survivance; sa femme étoit femme de chambre de la reine Anne d'Autriche. (V. Mémoires de Mme de Motteville, sous la date du 15 janvier 1666.) Elle étoit sœur de cette fameuse Manon Vangaguel, pour qui La Sablière composa la plupart de ses madrigaux. (Walckenaër, Histoire de la vie et des ouvrages de La Fontaine, 1re édit., p. 438.)
[315]: 9 mars 1629.