Je voulus, par l'avis d'un jésuite pervers,
Faire la reine grosse; aux yeux de l'univers
La chose réussit: la reine, en apparence,
Dans une obscurité de nocturne silence,
Mit au monde un enfant, né depuis plus d'un mois,
Car il étoit le fils d'un des moindres bourgeois.

Ici le prince de Galles seroit né d'un bourgeois; ailleurs on le dit fils d'un meunier. Au bas d'une caricature gravée par Romain de Hooghe, et indiquée dans le catalogue Leber (t. IV, no 569), on lit: L'Europe allarmée pour le fils d'un meunier. Voici le titre de quelques autres pasquils et pamphlets sur cette curieuse affaire: La Couronne usurpée et le Prince supposé, 1689, in-12; Consultation de l'oracle par les puissances de la terre, pour savoir si le prince de Galles est supposé ou légitime, Whitehall, 1688, in-12; Lettre du P. de la Chaize au P. Peters, confesseur du roy d'Angleterre, sur le bon succès qu'on a eu à faire et à inventer le prince de Galles, imprimé en 1688, qui est l'an de tromperie; Le Roi prédestiné par l'esprit de Louis XIV, avec plusieurs lettres concernant l'accouchement de la reine d'Angleterre, 1688, in-12; L'Ancien bâtard (c'est Louis XIV) protecteur du nouveau, 1690, in-12; Le Retour de Jacques II à Paris, comédie.

[324]: Dans le même manuscrit se trouve une autre copie de la même déposition, écrite de la même main. On y lit à la fin: Sworn before the lord-chief-justice Holt the 26 day of jan. 1690 (juré avec serment devant le lord-chef-justice Holt le 26 janvier 1690).

[325]: Pièce fort rare et fort curieuse, souvent citée par nous dans les notes du Satirique de la Cour, t. III, p. 241. Elle n'a pas été connue du bibliophile Jacob, qui n'eût pas manqué de la réimprimer, comme il l'a fait de tant d'autres, dans son recueil, publié pour l'étranger et introuvable à Paris: Costumes historiques de la France, 1852, grand in-8.

[326]: Sur cette prononciation, toute parisienne et fort à la mode alors, V. t. VI, p. 262, note 2. Balzac se moque de l'usage où l'on étoit à la cour de prononcer o comme si c'étoit la diphthongue ou: «Toute la France, dit-il dans sa lettre à Chapelain, du 20 janvier 1640, prononce Roume et lioune.»—Dans La Mode qui court et les Singularitez d'icelle, etc., 1612, in-8, la mode figura sous le nom de Chouse.

[327]: On en avoit de bois de senteur ou de paille, à la façon espagnole. Le connétable de Montmorency avoit toujours un cure-dents aux lèvres, et il falloit se tenir en défiance quand il se mettoit à le mordiller. Ce quatrain courut vers 1565:

De quatre choses Dieu vous guard:
Des patenostres du vieillard,
De la grand main du cardinal,
Du cure-dents du connestable,
De la messe de L'Hospital.

[328]: Horat. Lib. III, Od. 1, v. 37.

[329]: Ovide, Epist. Heroidum, Helena Paridi, ad fin.

[330]: Sur ces modes à l'espagnole, V. t. III, p. 244. On chantoit alors ce couplet, qui a pris place dans la Comédie de chansons, 1640, in-8, p. 41: