Pour Rome, je vous confirme qu'on irrite le pape, et qu'on veut être mal avec lui, et que le cardinal voudroit être maltraité par le pape pour avoir occasion de lui renvoyer son chapeau de cardinal qui lui seroit payé par l'épée de connétable, qu'il souhaite extrêmement[72].

Je vous ai mandé tout cela, je vous le confirme. Je vous prie, gardez bien cette lettre pour vous en bien souvenir, et la faites bien considérer.

Soyez assuré qu'il ne se passera rien de considérable de quoi vous ne soyez averti par moi. Moquez-vous de toutes les autres nouvelles qu'on vous mandera, et faites un fondement assuré sur ce que vous recevrez de moi.

Le sommaire de ce que je vous ai mandé revien à ceci. Si M. le prince a un grand avantage, et qu'on fasse quelque diversion, toutes choses sont ici portées à un grand changement; cela n'arrivant pas, on souffrira plutôt tout que de rien remuer.

On croit qu'après la prise de Landrecies le roi reviendra à Paris:

1o Afin que le peuple reçoive le jubilé par les grands vicaires nommés par le roi, et non par ceux du cardinal de Retz;

2o Pour faire passer quelques édits pour avoir de l'argent[73];

3o Pour faire un changement aux monnaies, lesquelles le roi va mettre en petit volume, ce qui fâche fort le monde; ce changement de monnaie marque ou mauvais ordre, ou nécessité, ou tous les deux ensemble.


16 juillet.—La lettre manque, voici cependant le post-scriptum: