se trouve un souvenir du jeu de damier, où l'on voit un pion représentant le renard, serré de si près par d'autres qui jouent le rôle de poules, et si bien enfermé dans un angle, qu'il ne peut plus ni avancer ni reculer. Adry, les Jeux de l'Enfance, p. 250-251.

[11]: Le mot chef pour premier cuisinier vient de là.

[12]: C'est ce que dit le sieur Audiger dans le passage de sa Maison réglée que reproduit notre note, p. 2.

[13]: C'est-à-dire sentir le gâté, le renfermé. V. l'Ancien Théâtre de la Biblioth. Elzévir., t. VIII, p. 77.

[14]: Sur ces procès par-devant l'official, dont le résultat ordinaire étoit de forcer le père à prendre l'enfant et à donner une certaine somme, comme dédommagement, à la fille engrossée, V. notre t. I, p. 319-320, note.

[15]: C'étoit l'homme de compagnie du seigneur: «Le devoir et fonction d'un gentilhomme auprès du seigneur, dit Audiger, est de luy tenir compagnie, de faire les honneurs de la maison, d'entretenir les personnes de qualité qui luy viennent rendre visite, luy donner la main lorsqu'il est malade ou incommodé, et l'accompagner à la chasse et à la promenade. Il faut qu'il soit lettré, et ordinairement, quand on prend un gentilhomme, on cherche une personne de science et spirituelle, qui ait toujours quelque chose d'agréable dans sa conversation, et propre à aller complimenter les amis du seigneur sur tous les sujets qui se peuvent présenter. Quand le seigneur monte à cheval, il a toujours le meilleur cheval après luy; il mange à sa table, et, pour tout dire en un mot, c'est sa compagnie et son favory.» La Maison réglée, liv. I, ch. 10.—Pour le reste de la valetaille, ce fainéant spirituel n'étoit qu'une bête à l'engrais; aussi, aujourd'hui encore, dans les campagnes, un porc qu'on engraisse s'appelle le gentilhomme.

[16]: Audiger, à la suite du passage de sa Maison réglée déjà cité, donne le détail de ces dépenses ordinaires ou d'extra, soumises toutes à la surveillance du maître d'hôtel. Un livre, aujourd'hui très rare, publié à Bordeaux en 1624, s'explique aussi longuement sur ce détail domestique; mais il s'attache plutôt à la dépense des nobles de province qu'à celle des grandes maisons de Paris. Ce volume a pour titre: Le sommaire de l'Œconomie de la despence, comment il faut regler la despence selon le revenu, et sçavoir ce qu'on peut despendre, soit par an ou par jour, particulièrement pour chaque espèce de despence; 1634, in-8o.

[17]: Les seigneurs avoient alors de ces soins dans leur domestique. Ils étoient pères de famille autant que maîtres. Audiger, dans la Préface de la Maison réglée, parle de cette sorte de paternité seigneuriale, et vante particulièrement à ce sujet la conduite tenue par le prince de Condé: «Ils doivent tous considérer, dit-il, qu'un vieux domestique qui n'est plus en état d'apprendre un métier ny d'aller servir ailleurs est véritablement digne de compassion, et que c'est alors qu'ils doivent s'efforcer de lui faire quelque bien, et d'imiter en cela feu M. le prince de Condé, qui, suivant le mérite et les services de ses anciens domestiques, leur assignoit des pensions ou leur donnoit des emplois dans ses terres, où ils pouvoient doucement et sans peine passer le reste de leurs jours.»

[18]: Tout un long chapitre, le 5e du livre Ier, est consacré à l'Aumônier dans la Maison réglée d'Audiger.

[19]: L'écuyer a son chapitre aussi, le 8e du livre Ier, dans l'ouvrage d'Audiger, «car, dit celui-ci, sa charge tient encore le haut rang parmi les domestiques les plus considerez d'un grand seigneur. Elle regarde le soin de commander à tous les gens de livrée, etc.»