[101]: Ces pillages à Saint-Denis furent commis en septembre 1589 par quelques compagnies albanaises et autres troupes que commandoient Rosne et La Bourdaisière, et qui avoient commencé par mettre à sac tout le pays d'alentour: Montmorency, Deuil, Choisy, Andilly, Montlignon, etc. «A Sainct-Denis, dit P. Fayet, pillèrent l'église du dict lieu et en firent une estable à chevaulx, tellement que l'on demeura longtemps sans y célébrer ne dire aulcune messe; ils gastèrent aussi la sépulture de monsieur et madame la Conestable, qui estoit une des belles et riches de France.» Journal historique de P. Fayet, 1852, in-12, p. 75.

[102]: Ou marranes, nom injurieux donné aux juifs renégats, et par suite aux Espagnols, dont beaucoup passoient pour entachés clandestinement de judaïsme. Dans le dictionnaire françois-espagnol d'Oudin, Maranno s'entend pour chrétien de race juive.

[103]: Se prenoit pour banqueroutier, parce qu'il étoit d'usage de peindre de jaune leurs maisons, comme celle des traîtres. «Me voilà, dit quelqu'un de la Comédie de proverbes, me voilà réduit au bâton blanc et au saffran, le grand chemin de l'hospital.» Anc. Théâtre, t. IX, p. 25.

[104]: C'est la bataille d'Ivry, gagnée par Henri IV le 14 mars 1590, et nommée d'abord de Saint-André, parce qu'elle fut livrée entre ce bourg et celui d'Ivry, à quelques lieues d'Evreux.

[105]: Le 27 mai 1589, le duc de Longueville, La Noue, Givry et autres, avoient dégagé Senlis, où Thoré tenoit pour le roi et qu'assiégeoint les ligueurs. Ceux-ci, commandés par d'Aumale et Maineville, avoient été complétement défaits.

[106]: L'Estoille dit Saveuses et Forceville. C'étoient deux gentilshommes ligueurs de la Picardie, que Chastillon avoit battus près de Bonneval, le 11 mai 1589. Saveuses, blessé et pris, avoit été conduit à Beaugency, où il mourut «sans vouloir demander pardon à Dieu, ni reconnoistre le roi».

[107]: Le jour même de la bataille d'Ivry, en effet, c'est-à-dire le 14 mars 1589, Curton et d'Effiat avoient dégagé Issoire qu'assiégeoit le comte de Randan, et avoient ainsi obligé à capituler les ligueurs qui tenoient la citadelle.

[108]: En juillet 1590, la famine commença à être extrême dans Paris assiégé. «La plus grande partie du peuple, dit l'Estoille, à la date du 22, commença lors à manger du pain d'avoine et de son, ce qui se pratiquoit aux meilleures maisons de Paris, qui ne donnoient par jour à leurs gens que demie-livre de ce pain. La chair de cheval étoit si chère que les petits n'en pouvoient avoir, et qu'ils étoient contraints de chasser aux chiens, et de manger des herbes crues sans pain.»

[109]: Charles-Emmanuel de Savoie, duc de Nemours, fils de Jacques de Savoie et d'Anne d'Este, veuve de François de Guise. Il étoit par conséquent frère utérin du duc de Guise.

[110]: Le jeudi 1er août 1591, on fit solennellement aux Jacobins «le service de frère Clément». V. l'Estoille, à cette date.—On voulut faire encore plus. Quelqu'un de la Ligue parla d'élever son effigie sur un pilier de marbre dans l'église Notre-Dame. Mémoires du duc de Nevers, in-fol., t. II, p. 453.