Il étoit naturel que le jeune Laffemas fît sa promenade ordinaire aux Tuileries. Son père avoit ses principales plantations de mûriers à l'hôtel de Retz, dont la place Vendôme occupe aujourd'hui le terrain. Dans les Tuileries même il avoit aussi des plantations et magnanerie. V. t. VII, p. 308-310, note.

[137]: Nous avons dit que Loste conspiroit avec l'Espagne.

[138]: Il y avoit en effet dans le jardin des Tuileries une grotte «en terre cuite esmaillée» que Bernard Palissy avoit «encommencée» en 1570 par les ordres de la reine mère, et qui devoit exister encore en 1604. V. un article de M. Eug. Piot, et un autre de M. Champollion dans le Cabinet de l'Antiquaire amateur et de l'Amateur, t. I, p. 71-72 et 277.

[139]: C'est la première fois que je trouve ce mot mane employé au singulier. Ronsard l'avoit mis en faveur, mais ne s'en étoit servi qu'au pluriel. Le premier il avoit dit dans les Amours, 172e sonnet:

O nuit, ô jour, ô manes frygiens!

et Muret, son commentateur, avoit fort applaudi à ce néologisme. «Il faut, avoit-il dit, naturaliser et faire françois ce mot latin manes, veu que nous n'en avons point d'autre.» Commentaire sur les Amours de Ronsard, Paris, 1553, p. 205.

[140]: D'après ce vers, où Laffemas déclare qu'en 1605 il avoit à peine vingt ans, il seroit né en 1584, et non pas en 1579, comme on l'a dit partout. Après l'avoir fait naître cinq ans trop tard, on l'a, par compensation, fait mourir au moins deux ans trop tôt. La Biographie Universelle donne pour date à sa mort l'année 1660, la même où sa mazarinade Le Frondeur désintéressé nous l'a montré dans toute la verdeur de son esprit; or, on voit dans le Journal du Parlement, que Laffemas, redevenu maître des requêtes, fut accusé, dans l'audience du 19 juillet 1662, d'avoir remis les sceaux à un commis de Guénegaud, ce qu'il avoua séance tenante. (Moreau, Bibliog. des Mazarinades, t. I, p. 425.)

[141]: Ceci est dit pour justifier le maître de Loste, M. de Villeroy, qu'on accusoit d'être aussi un peu Espagnol, et à qui même le roi le dit un jour en riant. L'Estoille, t. II, p. 568. Le Soldat françois, qui venoit de paraître, avoit en particulier donné quelques atteintes sur les menées du ministre avec l'Espagne.

[142]: Le baron de Breteuil fut introducteur des ambassadeurs depuis 1698 jusqu'en 1715. Ses Mémoires existent en original à la bibliothèque de Rouen, fonds Leber, et la bibliothèque de l'Arsenal en possède une copie. Dernièrement il en a été donné de longs extraits dans le Magasin de Librairie, par MM. Ch. Roux et Frédéric Lock, qui pensoient les avoir consultés les premiers. (V. Magasin de Librairie, t. I, p. 120, note.) Ils se trompoient; le chapitre que nous publions ici en est une preuve; il n'est pas inédit. La Revue de Paris l'avoit déjà reproduit dans son no du 28 août 1836, p. 253-260, sans se vanter d'avoir découvert le manuscrit d'où elle le tiroit.

[143]: Le but de cette ambassade étoit une alliance avec la France, qui vouloit, par l'établissement d'un comptoir au Siam, contrebalancer la puissance des Hollandais en Orient. V., à ce sujet, un rapport de M. Monmerqué au Comité historique, le 9 août 1841; la brochure de M. Ét. Gallois, L'Expédition de Siam au XVIIe siècle, 1853, in-8; l'Athenæum franç., 18 mars 1854, et le Moniteur des 21, 29 et 30 août 1861.—C'est la troisième ambassade qui soit venue de Siam en France. La première, en 1680, avoit péri dans la traversée; la seconde étoit venue à Versailles, avoit vu le roi dans la galerie, mais n'avoit pas eu d'audience. (Henault, Abrégé chronolog., 27 nov. 1684.) C'est au Havre que cette seconde ambassade avoit débarqué.