[242]: Santeul, dans son inscription pour la pompe du pont Notre-Dame (Opera omnia; 1698, in-8, t. I, p. 344), parle aussi de cet amour que la Seine a pour Paris, dont ses flots ralentis semblent ne pouvoir quitter le voisinage. Voici la traduction de ces vers de Santeul par P. Corneille:

Que le Dieu de la Seine a d'amour pour Paris!
Dès qu'il en peut baiser les rivages chéris,
De ses flots suspendus la descente plus douce
Laisse douter aux yeux s'il s'avance ou rebrousse:
Luy mesme à son canal il desrobe ses eaux,
Qu'il y fait rejaillir par de secrettes veines,
Et le plaisir qu'il prend à voir des lieux si beaux
De grand fleuve qu'il est, le transforme en fontaine.

[243]: C'est la plus ancienne forme du mot berceau, qui n'en est du reste que le diminutif. On disoit aussi bercelet, comme on le voit par un passage du Recueil des histor. de France, et bercerole, joli mot employé par Pasquier, Recherches, liv. V, ch. 32.

[244]: C'est le puits de la maison du père de sainte Geneviève, dont on avoit fait une fontaine sacrée. Le P. Lallemant, dans la Vie de la sainte, dit qu'on faisoit boire de l'eau de ce puits à Charles VI pendant sa maladie.

[245]: Erasme étoit venu achever ses études à Paris, dans l'infect et redoutable collége de Montaigu, qu'il a tant maudit en ses Colloques, quand sa nature délicate étant exténuée par la mauvaise nourriture, poissons pourris, œufs gâtés, etc., et par l'humidité des chambres, il se trouva pris de la maladie dont il parle. V. dans l'édit. de Leyde, in-fol., ses Lettres, p. 1479.

[246]: C'est en effet fort tard, lorsqu'il avoit soixante-cinq ans, qu'Erasme fit à sainte Geneviève ce remerciement pour la guérison dont il lui avoit été redevable près d'un demi-siècle auparavant. Il avoit été guéri en 1492, et il ne remercioit qu'en 1532! encore son remerciement étoit-il intéressé. Erasme se sentoit vieux, malade; et vieillesse et maladie ne lui avoient rendu la mémoire du bienfait qu'avec un secret désir de recourir une seconde fois à la divine bienfaitrice. Comme tant de débiteurs en retard, il ne payoit que pour avoir de nouveau le droit d'emprunter.

[247]: Secouru, sauvé. V. Anc. théâtre, t. VIII, p. 191.

[248]: Guihelmus Copus, dit le texte; E. Lelièvre traduit donc mal en écrivant Lecoq. Le médecin dont parle Erasme est Guillaume Cop, qui vint de Bâle, sa ville natale, à Paris, du temps de Louis XII. Il fut médecin de ce roi, puis de François Ier, et traduisit une partie des œuvres de Galien et d'Hippocrate.

[249]: Lors qu'Erasme parloit ainsi de son mérite et de sa vaillante vieillesse, Guillaume Cop n'avoit plus que peu de mois à vivre; il mourut, cette même année 1532, le 2 décembre.

[250]: Pièce lyonnoise on ne peut plus rare, qui n'existoit pas dans la bibliothèque de M. Coste, et que Brunet n'indique pas même dans la nouvelle édition si perfectionnée de son Manuel. Elle doit être l'œuvre de quelque jésuite de Lyon, vengeant ainsi son ordre des attaques de la secte moitié janséniste et moitié vaudoise, mise en scène dans la personne du barbier franc-comtois son apôtre. Quoiqu'ennemie des jésuites comme on le verra, cette secte singulière avoit de leurs allures, et si Molière, qui étoit alors à Lyon, en connut les adeptes, ce qui est probable, ils purent lui servir pour plusieurs traits de son Tartufe. Ce n'est pas à Lyon seulement que s'étoit établie cette dévotion cabalistique dont l'illuminisme avoit, comme on le dira plus loin, de nombreux rapports avec celui des Rose-Croix d'Espagne; elle s'étendoit aux environs jusque dans le Piémont, où elle se rattachoit aux derniers débris des Vaudois, et de l'autre côté jusqu'au Puy, en Velay.