(Ancien théâtre, t. II, p. 213.)
[236]: Depuis longtemps déjà Martin-bâton étoit connu dans les ménages, où, comme tiers, il prenoit haut la parole à chaque dispute. Dans la Farce du Badin (Anc. th., t. I, p. 278), celui-ci dit, à propos d'une femme fourbe:
Si elle te triche, voicy
Martin-baston qu'en fera
La raison.
Si Martin étoit le bâton, Martine étoit l'épée. «Quiconque, fait dire Brantôme au vieux capitaine piémontais de ses Rodomontades espagnolles, quiconque aura affaire à moy, il faut qu'il ait affaire à Martine que me voylà au costé.» Œuvres, édit. du Panthéon, t. II, p. 16.
[237]: Les défenses contre les tavernes n'atteignoient pas les marchands de vin qui vendoient à pot, et que l'on n'avoit jamais confondus avec les cabaretiers. «Les marchands de vin, écrivoit Colbert le 16 octobre 1681 à M. de Mirosménil, qui n'avoit pas à ce propos fait exécuter comme il convenoit le règlement des Aydes dans la ville de Vitry, les marchands de vin ne peuvent vendre en détail qu'à huis coupé et pot renversé, et les taverniers et cabaretiers peuvent vendre du vin, donner à manger ou souffrir que l'on mange dans leur maison.» Corresp. administ. de Louis XIV, t. III, p. 290.
[238]: Dans la pièce rouennoise du XVIe siècle que nous avons citée en commençant, les femmes se réjouissent aussi de ce que désormais, vu la défense de boire ailleurs qu'au logis, elles auront leur part à la ripaille:
Si un voisin avec son familier
Se veut esbattre, ainsy que de raison,
Il est contraint de boire en sa maison
Et d'envoyer querir du vin à pot.
Par ce moyen, en tout temps et saison,
Femme et enfant ont leur part à l'escot.
[239]: On voit que cette huile fameuse, tant redoutée des épaules, n'est pas baptisée d'hier. Oudin en parle dans ses Curiositez françoises au mot Huile, et elle a son article dans le Dictionn. du Bas Langage, t. II, p. 52.
[240]: Cette pièce fort rare se trouve à la suite de l'Ordre et cérémonie observée tant en la descente de la chasse de madame saincte Geneviefve, patronne de Paris, qu'en la procession d'icelle, par E. Leliepvre. A Paris, chez Jean Du Carroy, imprimeur, demeurant en la rue de Rheims, près le collége, 1611, pet. in-8.—C'est la traduction exacte et presque littérale quoiqu'en vers, du petit poëme qu'Erasme composa en l'honneur de la patronne de Paris, dont l'intercession l'avait guéri de la fièvre quarte: D. Erasmi Roterodami divæ Genovefæ præsidio a quartana febri liberati carmen votivum, nunquam ante hoc excusum. Parisiis excudebat Christianus Wechelus, sub sento Balilenti, in vico Jacobæo, anno M.D.XXXII. L'édition de Paris, dont nous venons de donner le titra, est on ne peut plus rare. Erasme avoit publié son poëme à Bâle, chez Froben, dont alors il étoit l'hôte, puis en même temps à Fribourg, chez Jo. Emmens, et à Paris, chez Ch. Wechell. Panzer n'a cité que l'édition de Bâle. M. Ap. Briquet, dans une note du Bullet. du Bibliophile (janv. 1859, p. 53), a fait valoir la rareté de l'édition de Fribourg, mais personne n'a parlé de celle de Paris, dont nous possédons un exemplaire. Il étoit du reste naturel qu'un poëme fait en l'honneur de sainte Geneviève eût sa publicité spéciale dans la ville dont elle est la patronne.—Je ne sais quel est le E. Leliepvre, auteur de la traduction reproduite ici. Toutefois, comme ce poëme, par sa nature un peu médicale, ne devoit pas répugner à la muse d'un médecin, je croirois volontiers que notre traducteur en rimes n'est autre que Elie Lelièvre, de qui l'on connoît deux ouvrages devenus fort rares: Officine et jardin de chirurgie militaire, contenant les instruments nécessaires à tous chirurgiens, etc., Paris, Robert Colombel, 1583, pet. in-8; Epydimyomachie, ou Combat de la peste, avec, le règlement politique, et douze tables démonstratives des choses naturelles et contre nature, Paris, Robert Colombel, 1581, pet. in-12.
[241]: L'île Notre-Dame, aujourd'hui l'île Saint-Louis, qui appartenoit alors tout entière au chapitre de la cathédrale.