[229]: «Oculum pro oculo, et dentem pro dente.» Exod., ch. 21, verset 24.

[230]: On a vu plus haut que plusieurs écrits du même temps émirent un vœu semblable.

[231]: C'est la déesse sanguinaire à laquelle on sacrifioit des victimes humaines et qui n'avoit d'autels que dans la Tauride.

[232]: Ces deux vieilles rancœurs sont les haines envenimées de la France et de l'Espagne, qui depuis si long-temps étoient en guerre. David Ferrant voudroit qu'elles fissent la paix pour s'en aller combattre ensemble la nation régicide. C'étoit l'avis de beaucoup de bons esprits en ce temps-là, notamment de M. d'Ormesson, qui, après avoir appris l'exécution du roi Charles, écrivit dans son Journal: «C'est un exemple épouvantable entre les roys, et jusqu'à présent inouï, qu'un peuple ait jugé et condamné son roy par les formes de la justice, et ensuite exécuté. Tout le monde doit avoir horreur de cet attentat; et si les rois de France et d'Espagne étoient sages, ils devroient faire la paix entre eux et joindre leurs armes pour restablir cette maison royale dans son trosne.» Journal d'Oliv. Lefevre d'Ormesson, publié par Chéruel (Docum. inéd.), 1860, in-4o, t. I, p. 678.

[233]: La défense qui fait l'objet de cette pièce fort rare n'étoit pas chose nouvelle en 1613. Elle n'étoit que renouvelée comme la plupart des prescriptions du même genre, qui, formulées vingt fois, n'étoient pas le plus souvent observées une seule. De tout temps, notamment sous Henri III, cabarets et tavernes avoient été interdits. Au mois d'octobre 1576, Claude Hatton écrit dans ses Mémoires (t. II, p. 879): «Renouvellement de la défense faite par le roi d'aller boire jour et nuit dans les tavernes.» On n'y alla pas moins. L'an d'après, au mois de mars, nouvel édit, daté de Blois, qui n'eut pas de résultat plus décisif (Isambert, Anciennes Lois françaises, t. XIV, p. 320). A Rouen, cependant, ou, la même année peut-être, une mesure semblable avoit été prise par arrêt du parlement, les cabarets coururent de vrais risques. On avoit imaginé, pour empêcher les buveurs de s'y rendre, une taverne ambulante qui alloit leur porter, à doses modérées et à courtes stations, les rafraîchissements dont ils ne pouvoient se passer dans leurs ateliers. Ce fut pendant quelque temps un vrai préjudice pour les vraies tavernes, où l'on ne prenoit plus la peine d'aller chercher ce que, tout en obéissant à la loi, on avoit chez soi sans se déranger. Une pièce très-rare, pet. in-8o, vendue 65 francs en 1844, à la vente de Nodier, qui en avoit fait la matière d'une très-curieuse notice (Bullet. du Bibliophile, juillet 1835), fut, à ce propos, publiée à Rouen, au portail des libraires, par Jehan du Gort et Jaspar de Remortier. Voici le quatrain qui lui sert de titre:

Le discours démonstrant sans feincte
Comme maints pions font leur plainte,
Et les tavernes desbauchez,
Par quoy taverniers sont faschez.

Les cabarets eurent pourtant leurs consolations à Rouen comme partout. Ils se rouvrirent peu à peu, et la taverne ambulante, qu'on appeloit triballe ou trimballe, disparut. A Paris, ils n'avoient jamais eu de chômage complet, que je sache, pas plus après les édits de Henri III qu'après celui de Louis XIII dont il est question ici. Quelques années après, Messieurs de la taverne relevoient si bien la tête, qu'un anonyme croyoit bon de publier en leur nom une très-curieuse requête: Les justes plaintes faites au roy par les cabaretiers de la ville de Paris sur la confusion des carrosses qui y sont et de l'incommodité qu'en reçoit le public, par le sieur D. L. P., 1625, in-8.—Sous Louis XIV, il y eut aussi plus d'un édit de tempérance. Ainsi, par un règlement de 1666, les cabarets durent être fermés à six heures, depuis le 1er novembre jusqu'à Pâques, et à neuf heures dans les autres saisons. En 1705, les suisses et portiers des maisons et hôtels «vendant vin en gros ou en détail, soit à pot ou à assiette», reçurent, par arrêt du conseil, l'ordre de cesser ce commerce, mais n'en tinrent compte, à ce qu'il paroît, car, sur la demande des cabaretiers eux-mêmes, pour qui c'étoit une préjudiciable concurrence, il fallut le réitérer plus tard par un autre arrêt du 15 mars 1737. Voltaire, dans sa lettre à madame de Bernière, du 28 novembre 1723, a parlé de ce commerce que les suisses faisoient à la porte des hôtels: «Vous avez, lui dit-il, un suisse qui ne s'est pas attaché à votre service pour vous plaire, mais pour vendre à votre porte de mauvais vins à tous les porteurs d'eau qui viennent ici tous les jours faire de votre maison un méchant cabaret.» Il y a encore dans beaucoup de villes de l'étranger des pensions suisses. Leur nom vient de cet usage, qui disparut à la Révolution avec les suisses des hôtels.

[234]: Pour résigna, céda. C'est l'ancienne forme du mot. V. Ancien théâtre, t. II, p. 52; III, p. 129.

[235]: C'étoit une espèce de petits choux fort délicats, faits d'une pâte molle, et qui par conséquent n'étoient appelés casse-museaux que par antiphrase. Peut-être avoit-on dit d'abord cache-museaux parce que la figure de celui qui en mangeoit s'y perdoit dans la pâte. Au XVIe siècle, c'étoit déjà une friandise fort goûtée. Dans la Farce nouvelle, très-bonne et très-récréative pour rire des Cris de Paris, le Sot crie entre autres chose:

Casse-museaulx
Chaulx, casse-museaulx chaulx.