Et je verrois mourir frère, enfant, mère et femme,
Que je m'en soucierois autant que cela.
[261]: Cabinet est ici, bien entendu, dans le sens qu'il avoit alors, meuble à tiroir, etc. Sur ce mot et sur le sens, toujours mal compris, dans lequel Alceste l'employa (Misanthrope, acte I, sc. 2), voir notre édit. des Chansons de Gautier Garguille, p. 192.
[262]: Draps de lit. «Il se disoit indifféremment dans l'une et l'autre acceptions, écrit M. Léon de Laborde, et je ne sache pas quelque chose de plus philosophique.» Notice des émaux, documents et glossaire, p. 365.
[263]: Pour: Dieu vous donne. Cette forme se trouve très-souvent jusqu'à la fin du XVIe siècle et même plus tard, comme on le voit ici. Une lettre de Montaigne à La Boétie se termine par exemple ainsi: «Monsieur, je supplie Dieu qu'il vous doint très heureuse et longue vie.» Selon Génin, dans un article que ses Récréations philologiques n'ont pas reproduit, «doint n'est qu'une forme de subjonctif, forme isolée qui n'appartient pas à un verbe. C'est la traduction, le calque du latin duint, qui lui-même est déjà un archaïsme dans Térence.» Nouvelle Revue encyclopédique, juin 1847, p. 218.
[264]: Chose conseillée et pratiquée.
[265]: C'est la première forme de ce mot, alors nouveau. Il se rapproche ainsi davantage du nom de la ville de Pistoie (Pistoria), où, suivant Huet, les premiers bistoris furent fabriqués.
[266]: Les sondes de toutes sortes, même celles qu'on croyoit n'avoir été inventées que deux siècles plus tard, étoient déjà employés par les praticiens, et même, à ce qu'il paroît, par les barbiers qui se mêloient de chirurgie. Antoine Guainer dit, par exemple, au chap. 15 de son Traité De orthetica et calculosa passione, compris dans son grand ouvrage Tractatus de febribus, etc., 1573, in-fol.: «Qu'on se serve d'une fine bougie de cire, ou d'une petite verge d'argent ou d'étain.» Il devançait, je le répète, de près de deux cents ans ce M. Daran, dont les sondes-bougies faisoient dire au marquis de Bièvre qu'il prenoit des vessies pour des lanternes, et qui fut, grâce à elles, d'un si grand secours pour J. J. Rousseau dans son infirmité. V. les Confessions, 2e partie, liv. VIII.
[267]: Je ne sais quel est cet onguent caustique, mais il doit être du genre de ceux dont il est parlé dans les Secrets du sieur Alexis, Piémontois, 1561, in-8, 2e part., liv. I. Les caustiques violents étoient fort employés en chirurgie, surtout depuis l'invasion des maladies vénériennes. Bayle a tiré de leur usage une métaphore énergique pour expliquer la nature corrosive de son dictionnaire: «C'est, disoit-il, un caustique violent, qui, après avoir consumé les chairs baveuses d'une plaie, carie les os et perce jusqu'à la moelle.»
[268]: Le narquois, c'est l'argot. «On entend par ce mot narquois, dit La Monnoie dans le glossaire de ses Noëls bourguignons, édit. Fertiault, p. 4-334, un trompeur, un filou.... et comme ces narquois se sont fait un langage particulier, ce langage a été dit le narquois.» Il y a dans Tallemant, édit. in-12, t. I, p. 220, un exemple de ce mot à propos de M. d'Angoulême, dont l'humeur d'escroc étoit bien connue: «Un jour, écrit-il, qu'on disoit à feu Armentières que M. d'Angoulême savoit je ne sais combien de langues: «Ma foi, dit-il, je croyois qu'il ne savoit que le narquois.»
[269]: Le mot usuel en médecine étoit brayer. C'étoit une invention très-ancienne. V. Du Cange, au mot bracca. Les brayers étoient d'acier. On en donnoit pour rien, chez les Grands-Augustins, aux pauvres gens attaqués de la hergne.