[270]: C'est le meilleur pâtissier du Puy. (Note de l'auteur.)

[271]: L'affinité de chrétien et de crétin, donnée ici pour rire, est cependant sérieuse. Le second n'est qu'un dérivé du premier. F. Génin, à qui ce rapport ne dut pas déplaire, l'a constaté longuement avec une complaisance toute voltairienne dans ses Récréations philologiques, t. II, p. 163-165; et récemment, un journal d'une opinion différente, la Revue d'économie chrétienne (février 1862), consacroit ainsi cette étymologie, en faisant valoir ce que, sous son apparence ridicule, elle a d'édifiant: «L'origine du mot crétin est à la fois curieuse et triste. Fodéré a démontré dans un traité spécial (Turin, 1792), qu'il dérive du mot chrétien. Ils sont en effet pauvres d'esprit, incapables de pécher; et les populations du moyen âge, pleines de foi, confiantes dans la parole du Seigneur qui leur dit: Beati pauperes spiritu, adoptoient avec charité et se faisoient un bonheur de recevoir à leur foyer ces pauvres déshérités de l'intelligence, mais prédestinés au ciel, choisis pour être bienheureux, en un mot chrétiens par excellence.» V. aussi, dans les Annales du Bibliophile, t. I, p. 22, un curieux article de M. Anatole de Montaiglon sur le nom du poëte Guillaume Crétin.

[272]: V., sur la Cabale de ces illuminés d'Espagne, nos t. I, p. 115, et IX, p. 280.

[273]: Cette pièce, que je crois inédite et dont la date doit être l'année 1636, se trouve dans les manuscrits de Conrard, que possède l'Arsenal, partie in-4, t. V, p. 1235-1238. Elle est d'un genre de plaisanterie qui fut très à la mode au XVIIe siècle, et dont l'esprit consiste dans le rapprochement satirique du nom, du rang, du caractère d'une personne avec le nom ou la figure de l'enseigne que porte l'hôtellerie où l'on suppose que cette personne est logée. Au moyen âge, c'étoit un jeu d'esprit déjà connu, et dont notamment maître Pierre Tasserye s'amusa dans son monologne du Pèlerin passant qui prend gîte tantôt à l'Escu de France, tantôt à l'Escu d'Alençon ou d'Orléans, tantôt à l'Escu de Calabre, etc; c'est-à-dire qui se cherche des patrons chez le roi, chez les ducs d'Alençon et d'Orléans, ou chez les princes de Calabre. Nous avons analysé dans notre histoire des Hôtelleries et cabarets, t. I, p. 262-264, ce curieux monologue publié par Techener dans la collection de farces, moralités, sermons joyeulx, etc.—Un des livres les plus curieux de la fin du règne d'Henri IV, le Paysan françois, fit sous la même forme son envoi à la reine Marie de Médicis. Lors, dit-il:

Lors qu'à Fontainebleau, distant de mon village
Six lieux, j'alloy, Madame, vous y pensant trouver,
Pour ce discours rustic, mais bon, vous presenter.
Tel, que j'avois ouy ailleurs qu'au labourage.
Je logeai au Dauphin à petit hostellage,
Ne pouvant à l'Escu, pour y peu despencer;
Ni à la Fleur de lys, car il y fait trop cher:
Hostelleries des grands, non des gens de village;
Je fus bien toutes fois. Puissé-je, dis-je alors,
Trouver à me loger au Dauphin tousjours, lors
Ou qu'à la Fleur de lys ou à l'Escu de France
Je ne pourray loger. Or encore, dit-on
Que l'on est bien traitté et qu'en somme il fait bon
A l'Escu Medicis ou celuy de Florence.

Sous Louis XIII, comme notre pièce le prouve, le même système de satire à l'enseigne fut adopté, et quand arriva le temps des mazarinades, il n'étoit pas encore usé. En 1649 parut un pamphlet de six pages très-impertinent, Les Logements de la cour à St-Germain-en-Laye, in-4; et en 1652, Le Fourrier d'Estat marquant le logis de chacun suivant sa fortune; puis, comme contre-partie de celui-ci: Le Nouveau Fourrier de la cour. A la fin du règne de Louis XIV, on revint encore à ces facéties, qu'on fit débiter, en hors-d'œuvre, dans les farces de société. Palaprat, qui ne faisoit que les remettre au jour, se vanta de les avoir inventées: «Pour soulager la mémoire des acteurs, dit-il dans son Discours sur le Grondeur, j'imaginois pour leurs rôles tout ce qui pouvoit être lu avec grâce et en action, comme lettres, titres de livres, ENSEIGNES DE BOUTIQUE, étiquettes de boîtes, et fioles d'opérateurs et de charlatans, etc.; et, par là, j'ose me vanter d'avoir donné l'idée de ce qu'on a depuis appelé dans le monde: Logements et Bibliothèques, qu'on a tant promenées et sur le théâtre et ailleurs.» Le Sage, dans Crispin rival, et Dancourt dans Les Agioteurs, ont glissé quelques-unes de ces plaisanteries sur les logements que Palaprat se vante si gratuitement d'avoir inventées.

[274]: On étoit alors en pleine guerre de Trente ans, et ce logement à l'Aigle impériale n'est pas mal trouvé, pour le roi, au nom duquel Richelieu tâchoit d'abattre la maison d'Autriche.

[275]: Ceci prouve que cette pièce est antérieure à la naissance de Louis XIV, et même à toute espérance de voir Anne d'Autriche nous donner un Dauphin.

[276]: Pourquoi, pour Gaston, cette enseigne du Grand Cerf? Peut-être à cause de sa couardise.

[277]: Ces enseignes: l'Ancre, la Couronne ducale, l'Ecu de Bretagne, conviennent bien pour Richelieu, qui étoit grand amiral, et qui, en même temps que le titre de duc et pair, avoit reçu le gouvernement de Bretagne.