Ode en faveur de l'Autheur.

Strophe.

J'entends le père des artz
Appeler de toutes partz
La troupe heliconnienne
Pour entendre ce sonneur;
Bref la cohorte neufvaine
Luy vient dejà faire honneur.

Il est temps que l'on s'appreste
De luy couronner la teste
D'un branchage precieux:
Sus! sus! que l'on applaudisse,
Jeunes esprits studieux,
En ce divin exercice.

Antistrophe.

Le sommet aonien,
Et le laurier phebeen,
Luy sont acquis pour sa gloire;
Puisqu'il enseigne aux humains
Le moyen d'avoir victoire
Contre les efforts mondains.

Sus! donc, enfants de Minerve,
Dont les Muses font reserve,
Venez tous apprendre icy
Quel sentier il vous faut suyvre
Pour charnier vostre soucy,
Et après la mort revyvre.

Epode.

Muses, mon très cher soulas,
Ne vous mettez plus en peyne,
Car cest enfant de Palas
A la source d'Hyppocrène.

De ce nectar doucereux
Il abreuvera tous ceux
Qui, aimant la poésie,
Grimpent sur vostre manoir,
Pour gouster vostre ambrozie
Et s'enyvrer de sçavoir.