[360]: Ici Catherine se révèle elle-même par sa patrie italienne.
[361]: Ces vers sur les ennuis de l'absence trouvoient un facile écho dans le cœur de cette bonne reine de Navarre, qui en a fait de si charmants sur les mêmes souffrances. Je ne citerai que ces couplets d'une chanson de Marguerite, qui se trouve dans un manuscrit appartenant à M. Fouques, et n'a pas encore, je crois, été réunie à ses autres poésies:
Si tost qu'il souspire,
Je fonds toute en pleurs.
S'il plaint mon martyre.
Je plains ses douleurs.
Pas je ne puis vivre
Si je ne le voy,
Mon cœur pour le suivre
S'absente de moy.
Viens donc, mon amy,
Approche de moy,
Passe ton envie,
Il ne tient qu'à toy.
[362]: Catherine, dans ses regrets, ne devoit pas oublier ces nobles exercices du Dauphin, son mari, car c'étoient ceux auxquels elle-même se plaisoit le mieux: «Elle estoit, dit Brantôme, fort bien à cheval, et hardie, et s'y tenoit de fort bonne grâce, ayant esté la première qui avoit mis la jambe sur l'arçon, d'autant que la grâce y estoit bien plus belle et apparoissante que sur la planchette, et a toujours fort aimé d'aller à cheval jusqu'à l'âge de soixante ans ou plus, qui pour sa foiblesse l'en privèrent, en ayant tous ses ennuis du monde.»
[363]: Ces «fils aymez» étaient le Dauphin, Henri, et son frère le duc Charles d'Orléans, tous deux au siége de Perpignan, dans les premiers mois de 1543, pendant que leur père étoit allé réduire une sédition à La Rochelle. En 1536, date préférée par l'écrivain de la Revue de Paris, le roi et ses fils, nous l'avons dit, étoient aussi tous en campagne, mais à cette époque Henri n'étoit pas encore dauphin. Son frère aîné, François, ne mourut en effet cette année-là qu'à la fin de l'expédition en Provence contre Charles-Quint. Les vers que Catherine auroient faits sous l'inspiration de l'absence motivée par cette expédition ne pouvoient donc être donnés comme étant de la dauphine, puisque Catherine ne l'étoit pas encore. Le copiste auroit dit: Epistre de madame la duchesse d'Orléans, seul titre qu'elle eut alors. Si donc, pour conclure, Catherine est appelée madame la Dauphine en tête de ces vers, c'est qu'ils sont d'un temps où on l'appeloit ainsi, et par conséquent d'une époque postérieure à l'expédition de 1536.
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