Pas du tout.

Comme il a été reconnu que dans le système d’association composée les vrais pères et les vraies mères, ceux et celles que donnent la loi de la nature, la logique du cœur et le bon Dieu, ne valent pas le diable, l’association ne manque pas de leur substituer des individus qui, pour n’être que des pères adoptifs, n’en sont évidemment que meilleurs, puisqu’ils n’ont eu aucune raison pour le devenir.

De temps en temps arrivaient à quatre pattes de vieux patriarches et de bonnes mères nourrices qui s’emparaient des orphelins et s’en allaient leur donner gratis la becquée et les préparer à l’harmonie, chacun selon son degré d’âge ou de caractère, dans les salles destinées aux hauts poupons, mi-poupons, bas poupons et autres.

Un Nilgaud sibyllin nous apprit que les patriarches et les bonnes mères nourrices étaient d’excellents Renards et des Fouines compatissantes, voire même de vieilles Couleuvres, dont l’attraction pour les œufs éclos et à éclore était incontestable.

Un peu plus loin les Loups dévoraient des Agneaux, lesquels, pour que les pauvres Loups ne mourussent pas de faim, se laissaient croquer à belles dents.

Quelques-uns même, qui n’étaient pas mangés encore, semblaient attendre leur tour avec impatience.

«Quoi! leur dis-je, seriez-vous vraiment pressés d’être dévorés, et est-ce bien pour votre plaisir que vous attendez une pareille mort?

—Pourquoi non? me répondit un charmant petit Agneau, c’est une attraction comme une autre; s’il plaît à ceux-ci de vivre, il faut bien qu’il nous plaise de mourir.

—. . . . . Le ciel permit aux Loups
D’en croquer quelques-uns...»

me dit un Singe qui avait entendu ma question.