La justice ne vient pour les Lions qu’après leur mort. Le journal ajoute que cette mort a consterné beaucoup de gens en Léonie, et qu’elle y embarrasse tout le monde. «L’agitation est si grande qu’on craint un bouleversement général. Les nombreux admirateurs du vieux Lion sont au désespoir. Qu’allons-nous devenir? s’écrient-ils. On assure que le Chien qui avait servi d’interprète au prince Léo, s’étant trouvé là au moment où il reçut ces fatales nouvelles, lui donna un conseil qui peint bien l’état de démoralisation où sont tombés les Chiens de Paris:—Mon prince, lui dit-il, si vous ne pouvez tout sauver, sauvez la caisse!»

«Ainsi voilà donc, dit le journal, le seul enseignement que le jeune prince remportera de ce Paris si vanté! Ce n’est pas la Liberté, mais les saltimbanques qui feront le tour du monde.»

Cette nouvelle pourrait être un puff, car nous n’avons pas trouvé la dynastie des Léo dans l’Almanach de Gotha.

De Balzac.


AU LECTEUR

Ami lecteur, nous voici arrivés sans encombre à la moitié de notre route.

Suivez-nous avec confiance dans la seconde partie de notre expédition: nous ne marchons plus en voyageurs inexpérimentés et sans guide à travers des pays inconnus, nous savons maintenant où nous prétendons vous mener; nous connaissons vos goûts, et nous pouvons vous promettre, sans crainte de vous tromper et de nous tromper, de véritables monts et de véritables merveilles. La plume de nos correspondants s’est aguerrie, leur nombre s’est augmenté; nous avons gagné en toutes choses, en quantité et même en qualité, et nous avons à vous offrir presque des trésors!

Quant à Grandville, sans compter qu’il y a au bout de son crayon des portraits et des scènes où vous aurez le plaisir de retrouver ceux de vos amis et de vos voisins que vous n’avez point encore vus, et où, de leur côté, vos amis et vos voisins auront la satisfaction de vous reconnaître vous-même, nous croyons devoir vous confier qu’il a découvert une nouvelle manière de mettre du noir sur du blanc et de vous être agréable, à vous, cher lecteur, et à vous, chère lectrice, qui nous l’êtes tant, en faisant pour vous ce qu’il n’a encore fait pour personne.—Vous verrez bien.