—Le Cerf, l’Élan et le Veau: «Non! non!»—

«Frères, on a étouffé les voix généreuses qui ont voulu s’élever en faveur de la réforme bête-unitaire.

«Frères, notre régénération sociale n’a pas fait un pas depuis l’immortelle nuit où les premiers efforts de notre liberté naissante ont été salués par les acclamations de la terre tout entière.

«Frères, nos rédacteurs en chef ont trahi leur mandat! ils nous ont vendus! vendus aux Hommes!

—Tous: «C’est vrai! c’est vrai! on nous a vendus!»—

«Vendus aux Hommes!!! Mais laissons là les Hommes; les Hommes ne sont aujourd’hui que nos seconds ennemis. Nos vrais ennemis, les plus dangereux, ce sont nos rédacteurs!

«Point de grâce pour ces traîtres qui, pour une caresse de leur gardien, pour une misérable subvention en pommes vertes, en coquilles de noix et en croûtes de pain sec, ont trahi la cause sacrée de l’émancipation des bêtes! A qui devons-nous d’être encore où nous sommes? où retournerons-nous ce soir? Sera-ce dans nos libres déserts, ou dans nos étroites prisons?»

Le Bison.—«Où retournerons-nous ce soir?»—

—Le Tigre, d’une voix sombre: «Ce ne sera pas dans nos libres déserts!»—