Quant aux Rats, nous ne trouvons pas de termes qui puissent traduire le mépris que nous a inspiré l’égoïste langage de ces misérables.

«Pourquoi diable voulez-vous que nous combattions? dirent-ils. Quand on n’a rien à conserver, on n’a rien à perdre. Faites vos affaires tout seuls, puisque vos affaires ne sont pas les nôtres.»

Le Crapaud.—«Chacun se doit à sa patrie.»—

«Tout est perdu! s’écria un Blaireau en entrant ce matin dans notre cabinet de rédaction; les insurgés se sont emparés de la cour de l’amphithéâtre.»

Atterrés par cette funeste nouvelle, nous fîmes mander le prince Léo.

«Ils ont pris la cour de l’amphithéâtre, dit ce grand général; eh bien, qu’ils la gardent!»

L’attitude ferme du prince nous rassura complétement; en effet, ce profond tacticien avait son idée. A l’heure qu’il est, les révoltés sont enfermés dans cette cour qu’ils ont prise et qui leur servira de tombeau. Toute issue leur est fermée. L’armée ailée a vainement essayé de les dégager; tous les efforts du Scarabée Hercule ont été repoussés par le seigneur Bourdon.

Nous n’avions jamais désespéré du triomphe de l’ordre.

Parmi ceux qui se sont le plus distingués dans cette circonstance, nous mentionnerons le voltigeur *, le grenadier **, et surtout le caporal Trois Étoiles. Ce dernier descendait la garde et rentrait chez lui après un service très-fatigant, quand il s’aperçut, en passant à côté d’un poste, que le factionnaire qui devait l’occuper l’avait abandonné!!! Indigné, et ne dédaignant pas, dans son zèle, de descendre au rôle de simple chasseur, ce vertueux caporal prit bénévolement la place du coupable factionnaire, fit, par un froid de quatorze degrés, trois heures de faction, et s’enrhuma. En récompense de sa belle conduite, le caporal Trois Étoiles a été nommé sergent.