Nous remercions les bons citoyens de l’appui qu’ils veulent bien nous donner. De tous les quartiers voisins, des amis dévoués nous arrivent; nous avons vu accourir sous les drapeaux tous les Animaux qui ont un intérêt direct au maintien du statu quo: nos rédacteurs, nos employés, nos serviteurs, tous ceux enfin qui ont reçu et ceux surtout qui espèrent quelque chose de nous.


Plusieurs buissons d’Écrevisses, échappés par miracle des prisons de Chevet et conduits par un valeureux Cancre, sont venus nous offrir le secours de leurs vaillantes pinces.

«En avant, marchons
Tous à reculons...»

Tel est le cri que poussent ces braves auxiliaires en se préparant au combat.

Nous n’attendions pas moins du bon esprit qui anime la population Animale, et nous étions sûrs que notre appel serait entendu.

Pourtant nous signalerons à l’indignation publique la réponse des petits Ours de la fosse no 2, et celle des Rats.

La réponse des deux petits Ours de la fosse no 2 fait bien mal augurer de l’avenir de ces deux jeunes quadrupèdes.

«Vous êtes de beaux petits Ours, leur dit l’éloquent Crapaud que nous leur avons député; chacun se doit à sa patrie: venez vous battre; si vous n’êtes pas tués, vous vous couvrirez de gloire.—J’aime mieux jouer à la boule, répondit l’aîné.—J’aime mieux ne rien faire du tout, répondit le plus jeune; ou prendre un bain, si maman veut, ajouta-t-il en regardant sa mère.—Va, lui dit la mère.—Madame, s’écria notre honorable envoyé, à Rome les mères avaient moins de faiblesse, et leurs enfants n’en valaient que mieux. O temps! ô mœurs! O Cornélie! ô Brutus! où êtes-vous?»