Il ne put achever. La porte même du cabinet s’ouvrit brusquement. C’était l’Éléphant qui l’avait ouverte, ce fut le Renard qui entra.
«Arrêtez ces messieurs,» dit ce dernier aux Dogues qui l’accompagnaient, en indiquant nos trois rédacteurs en chef. Le Perroquet était dans la cheminée, le Singe s’était caché sous son fauteuil, M. le Coq était furieux; sa crête n’avait jamais été si rouge. On les arrêta.
«Que fais-tu là? me dit le Renard.
—Ce que vous voudrez, Monseigneur, lui répondis-je en tremblant.
—Eh bien, drôle! continue,» me dit-il.
Je continue donc.
Il était entré beaucoup de monde à la suite du Renard. En entrant, chacun criait: «Vive monseigneur le Renard!» Et on avait bien raison, car je n’ai vu de ma vie un prince si affable.
«Mes amis, disait-il, rien n’est changé dans ce cabinet. Il n’y a ici qu’un animal de plus.»
Cette belle parole fut couverte d’applaudissements.
Le Renard prit alors une plume, celle-là même qui venait de servir au Singe. Il la tailla avec le canif du Singe, s’assit dans le fauteuil du Singe, devant la table du Singe, et écrivit les proclamations suivantes, avec l’encre même du Singe.