—Vous avez peut-être raison, répondit le Rossignol à la Colombe; mais on ne vous donnera pas raison, car on ne s’aime pas.
—Ce qui nous manque à tous, dit le Butor, c’est le sens commun.
—Laissez parler le Renard,» dit-on à la fin.
—Messieurs, dit celui-ci d’une voix émue, pourquoi récriminer? Si nous n’avons rien fait qui vaille, est-ce notre faute? N’est-ce donc rien d’ailleurs que d’avoir appris à lire au peuple?
—C’est du foin et non des livres qu’il nous faut, dit l’Ane en serrant sa ceinture.
—Eh quoi! vous aussi, ô Ane! vous renoncez à la science! dit le Renard découragé.
—Fi donc! dit à l’Ane, que l’exclamation du Renard avait fait rougir jusqu’aux oreilles, un Étourneau qui avait eu le malheur d’être considéré et encagé comme un Oiseau rare; fi donc! du foin, c’est bon pour vous! Quant à moi, quant à nous, nous ne demandons rien, que la clef des champs!
—Liberté! liberté! s’écria l’assemblée tout entière.
—La liberté consiste à n’avoir jamais ni faim ni soif, dit le Porc.
—Taisez-vous, dit l’Aigle de Varsovie, en laissant tomber un regard de mépris sur celui qui venait de parler. Il n’y a que ceux qui sont prêts à mourir pour elle qui savent ce que c’est que la liberté.