«J’ai pleuré comme vous notre frère qui est mort, dit-elle, et pourtant, toutes les fois que je vois un Ver à soie sur le point de mourir, je ne puis empêcher mon cœur de s’épanouir. Va dans l’autre monde, lui dis-je; tu y seras mieux que dans celui-ci, où l’on est mal. Là, s’ouvriront pour toi les portes qui s’ouvrent pour les petits comme pour les grands; là, tu retrouveras ceux que tu as perdus, et tu les retrouveras au milieu des fleurs qui ne meurent pas et des mûriers toujours verts, sur le bord des neuf fontaines qui ne tarissent jamais; et quand tu les auras retrouvés, tu leur diras de nous attendre, nous que la vie retient encore; car mourir, c’est renaître à une vie meilleure.»

Et quand le bon Insecte eut ainsi parlé, les pleurs cessèrent tout à coup.

«Et maintenant, ajouta-t-elle, allez et volez sans bruit; notre frère n’a plus besoin de vous.»

Et chacun ayant déposé sur la tombe une fleurette de bruyère rose, les uns disparurent dans un pâle rayon de la lune qui venait de se lever, et les autres regagnèrent à travers les herbes leurs petites demeures.

Et tous étaient consolés, car ils disaient avec la Mante religieuse et Shakspeare: «Mourir, c’est renaître à une vie meilleure.»

P. J. Stahl.


VOYAGE
D’UN
MOINEAU DE PARIS

A LA RECHERCHE DU MEILLEUR GOUVERNEMENT