«Vous ne leur mangerez pas le cœur, repris-je en badinant.

—Pourquoi? me dit le citoyen Loup.

—J’ai ouï dire qu’ils n’en avaient point.

—Quel malheur! s’écria le Loup; c’est une perte pour nous, mais ce ne sera pas la seule.

—Comment! fis-je.

—Hélas! me dit le citoyen Loup, beaucoup des nôtres périront à l’attaque; mais la patrie avant tout! Il n’y a que six Hommes, quatre Chevaux et quelques effets potables; ce ne sera pas assez pour notre section des Droits du Loup, qui se compose d’un millier de Loups. Songe, Moineau, que nous n’avons rien pris depuis deux mois.

—Rien? lui dis-je; pas même un prince russe?

—Pas même un Tarpan! Ces gueux de Tarpans nous sentent de deux lieues.

—Eh bien, comment ferez-vous? lui dis-je.

—Les lois de la république ordonnent aux jeunes Loups et aux Loups valides de combattre et de ne pas manger. Je suis jeune, je laisserai passer les femmes, les petits et les anciens...