C’est ainsi que je fis mon premier pas dans la vie, lequel fut une chute, comme on voit.

On dit qu’il n’y a que le premier pas qui coûte: que ne dit-on vrai!

J’arrivai à terre plus mort que vif, et tout meurtri.

Comme un vrai enfant que j’étais, je frappai de mon pauvre bec le sol insensible contre lequel je m’étais blessé, et me blessai davantage, ce qui me donna à penser.

«Évidemment, me dis-je, il faut se défier de son premier mouvement, et avant d’agir réfléchir.»

Je commençai alors à me poser de la façon la plus sérieuse la question de ma destinée comme Pingouin, non pas que j’eusse la moindre prétention à la philosophie; mais quand on se trouve obligé de vivre, et qu’on n’en a pas l’habitude, il faut bien se dire quelque chose pour trouver les moyens d’en venir à bout.

Qu’est-ce que le bien?

Qu’est-ce que le mal?

Qu’est-ce que la vie?