Il y avoit déjà deux heures qu'on étoit occupé à ce divertissement, quand on vit tout à coup entrer quatre sauvages qui portoient chacun deux flambeaux. D'abord le seigneur de la maison présenta la main à madame la vicomtesse, & la conduisit dans la salle où l'on avoit soupé; toute la compagnie suivit, ainsi que les comédiens; enfin, on servit des rafraîchissemens, que l'exercice de la danse rendit plus agréables. Les uns prirent du chocolat, les autres du café, d'autres des liqueurs, dont il y avoit à profusion; enfin chacun trouva de quoi se satisfaire selon son goût, car les glaces & les confitures sèches & liquides n'y manquoient pas.
Cela fait, on retourna dans la salle du bal; mais quel fut l'étonnement de la compagnie, lorsqu'elle vit le théâtre illuminé de nouveau, avec une décoration qui représentoit un bois si naturellement, que peu s'en fallut qu'on ne crût s'être égaré, comme on avoit fait en venant du château de Kernosy à la Maison-brillante. La symphonie se faisoit entendre; dès qu'elle eut fini, l'on chanta les paroles qui suivent, que Tourmeil avoit composées, & où il n'avoit pas oublié madame de Briance, sachant bien qu'elle seroit présente à ce petit opéra, qui n'étoit que de deux scènes, comme Tadillac l'avoit souhaité.
(Si, dans quelques endroits, on trouve peu de justesse, c'est moins la faute de l'auteur que de celle qui raconte ces faits; car n'ayant entendu qu'une fois ces paroles, il est bien difficile de les avoir retenues exactement.)
SCENE Iere
SCENE Iere.
TIRCIS, PHILEMON.