L'instinct de sagesse, de fidélité, de bonté, la soif de justice qui sont innés dans la plupart des âmes féminines s'épanouiront ainsi, avec moins de heurts, pour le plus grand profit de la morale sexuelle, inséparable de la moralité humaine.

Je me résume:

J'ai dénoncé un péril. Et j'ai fait entrevoir, par-delà le fossé, la grande route de l'égalité, de l'équivalence (si le terme vous semble plus adéquat) où les deux sexes finiront bien un jour par avancer côte à côte, harmonieusement.

«Its a long way to Tipperary!…» La Garçonne n'est qu'une étape dans cette marche inévitable du Féminisme, vers le but magnifique qu'il atteindra. Je tenterai, dans mon prochain roman, de l'approcher,—persuadé, comme l'un des personnages du livre que voici, qu'il ne faut pas juger de l'avenir sur l'un des aspects du présent, et que «dans l'anarchie même, un ordre nouveau s'élabore.»

V. M.

15 octobre 1922.

La garçonne

Première partie

I

Monique Lerbier sonna.