Aussi les visiteurs sont-ils nombreux à Sainte-Marguerite. Ils le sont davantage encore à Veules, petit port d'échouage, où tout semble être réuni pour le plaisir des yeux.
Aux archéologues, les ruines de l'église de Saint-Nicolas, le couvent des Pénitents et la vieille maladrerie du douzième siècle, devenue la chapelle du Val.
Aux ingénieurs et aux mécaniciens, le Moulin de la Mer qui, pour force motrice, n'a pas craint d'utiliser le mouvement éternel des marées, devançant ainsi la réalisation d'un des problèmes favoris de la science moderne.
Aux artistes, aux poètes, les longues stations sur la falaise.
Aux rêveurs, les délicieuses promenades le long de la petite rivière clapotante, épandant ses vagues en miniature au milieu des campagnes rendues si fraîches, si veloutées par l'émeraude de nombreuses cressonnières.
On ne quitte pas Veules sans se promettre d'y revenir.
Le mouvement commercial de cette partie de la haute Normandie revient en entier à Saint-Valery-en-Caux, port petit, mais très sûr, et qui peut recevoir les navires même par les vents d'ouest et du nord-ouest, si redoutés sur la côte entière.
La ville a été fondée, au huitième siècle, par l'apôtre qui se bâtit un asile à l'embouchure de la Somme et évangélisa le pays de Caux.