La légende ne pouvait manquer de se mêler à l'histoire. On voit saint Valery, voulant anéantir un culte idolâtre rendu à la petite rivière qui baigne le pays, en boucher les sources avec des ballots de laine.

Le remède fut efficace, puisque l'eau ne reparut pas avant le quinzième siècle; mais quelque chose contraria de nouveau son cours, car, cent ans après, elle redevenait invisible et ne manifesta plus sa présence qu'au moment où il fut question de creuser le bassin de retenue pour abriter les barques de pêche.


La petite ville ne pouvait échapper aux maux dont souffrit pendant tant de siècles le littoral de la Manche. Anglais, Bourguignons, Français s'en rendirent alternativement maîtres. Enfin, la victoire définitive resta à Louis XI. Mais il fallut de longues années pour ramener la prospérité évanouie. Par bonheur, elle est aujourd'hui presque complète. Saint-Valery, grâce à sa situation, se voit devenu l'entrepôt de tous les produits de l'arrondissement d'Yvetot destinés à l'exportation et, réciproquement, il reçoit les marchandises étrangères envoyées à cette dernière ville ainsi qu'aux environs.

Saint-Valery-en-Caux.

Deux phares protègent l'entrée du port, toujours animé par le mouvement quotidien de la pêche côtière et de la population riveraine, car des maisons et des arbres, restes d'une promenade, l'entourent. Il arme aussi pour la pêche de la morue. Les corderies, la construction des navires, les fabriques de soude marine, les filatures de coton, prouvent en faveur de l'activité des habitants.

Depuis longtemps, les baigneurs, constamment en nombre, apportent à la ville un élément nouveau de prospérité.