Promptement, la renommée de cette abbaye s'établit. Elle finit par ne dépendre que du Saint-Siège et acquit des biens considérables; un de ses abbés fut élu pape.

La possession d'une relique insigne avait produit toute sa gloire. On connaît l'histoire du Précieux Sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ, apporté dans un tronc de figuier, qui aurait échoué à l'embouchure de la rivière de Fécamp.

Ce fut pour honorer cette relique que le duc de Normandie releva les ruines de l'abbaye primitive.


La belle église actuelle, dite de Notre-Dame, a été construite au quatorzième et au quinzième siècles par les religieux, pour remplacer leur chapelle délabrée.

Le terrain environnant ayant dû s'exhausser, il faut descendre douze marches avant de pouvoir pénétrer dans l'édifice, où les yeux charmés s'arrêtent sur une succession de chefs-d'œuvre.

Comment ne pas admirer le pilier du centre, soutien des voûtes de plusieurs chapelles? Comment ne donner qu'un regard distrait au groupe, travail du quinzième siècle, destiné à rappeler la consécration de l'église?...

Serait-il possible de rester indifférent devant la Dormition de la Vierge, ces belles statues polychromes groupées avec tant de charme?...

Devant les vitraux et les lambris de la chapelle Saint-Thomas? Mais, surtout, devant le Christ voilé, œuvre unique, merveille de sentiment, on peut ajouter de génie, due à un humble menuisier?...