Depuis les Dunes, cachant l'industrieux pays flamand; depuis les bancs de sable, cherchant à gagner les plaines du Boulonnais et de l'Artois; depuis les falaises crayeuses, dissimulant les belles campagnes cauchoises; depuis les plages, continuation maintenant féconde des admirables champs du Calvados; partout, de même qu'aux rochers granitiques défendant l'accès du Cotentin, l'élan reçu pourrait prendre d'incalculables proportions.... Seulement..., seulement, il ne nous est pas permis d'entrer plus avant au cœur de la question.
Nous n'avons eu d'autre prétention que d'offrir un tableau succinct de nos rivages. La matière du travail ne nous a pas manqué. En parcourant les chroniques de chaque cité visitée, nous sommes resté sous l'impression d'une pensée consolante: la facilité de relèvement dont est douée notre nation.
Sans remonter à plus de deux siècles dans le passé, on pourrait presque se demander comment, du milieu de tant de ruines accumulées, un seul de nos ports marchands subsiste encore; comment, du moins, son commerce a pu prendre un essor rapide.
Certes, l'oubli complet des maux subis n'est pas venu, mais, au découragement d'un instant, a vite succédé la foi en l'avenir.
Que cette foi rencontre un généreux appui et la France, dont les malheurs ont étonné le monde, l'étonnera de nouveau par sa vitalité.
Nous répétons ici, sous une autre forme, les paroles entendues au cours de notre voyage.
A Dunkerque, à Calais, à Boulogne, à Saint-Valery, à Dieppe, au Havre, à Caen, à Cherbourg, à Granville, ainsi que dans les nombreux petits ports, plus d'une plainte très vive se fait entendre. Les pêcheurs, particulièrement, réclament, à bon droit, une aide sérieuse, mais l'intérêt du pays prime, en général, toutes les préoccupations.
Si jamais l'amour de la patrie pouvait s'éteindre dans la majorité des cœurs français, on le retrouverait chez nos marins.