Moins favorisés que nos soldats, ils ont fait preuve, au même degré, d'un dévouement admirable.

Soumis à une existence beaucoup plus pénible, tous les sacrifices les trouvent prêts et ils se rattachent avec ardeur à l'espoir qu'un rôle important leur est réservé.

Nous, aussi, nous l'espérons. Merveilleux instrument de progrès, la marine est loin d'avoir dit son dernier mot. Pour une large, très large part, elle s'associera à notre grandeur future. Déjà, plus qu'on ne le croit, elle entre dans les spéculations de la science.

Plusieurs des missions astronomiques ont été ou seront confiées à des officiers de notre marine militaire. L'Observatoire de Paris est dirigé par M. l'amiral Mouchez. Il semble, d'ailleurs, que ces fonctions conviennent particulièrement à des hommes familiarisés avec l'étude des phénomènes célestes.

On sait, encore, quels précieux résultats donnent les voyages de circumnavigation, et nous venons d'admirer la prodigieuse moisson de faits surprenants dus aux expéditions des avisos le Travailleur et le Talisman.

Les savants qui montaient ces navires portaient des noms illustres, mais le concours empressé des officiers a aidé dans une large mesure au succès.


Nous entendions un jour formuler, par un capitaine de marine marchande, ce regret mélancolique:

—Pourquoi ne sommes-nous pas plus nombreux! Ah! je passe de mauvaises heures lorsque, dans des ports dont le trafic viendrait si volontiers à nous, je me trouve seul ou avec un, deux autres capitaines français au plus, contre dix fois ce même nombre de concurrents anglais. Mes regrets augmentent encore lorsque je vois, en la possession de compagnies étrangères, des lignes de transit productives aboutissant à des ports français. Et ils ne diminuent pas, lorsque mon trois-mâts croise la route de tant de superbes paquebots naviguant sous pavillon anglais.... Nous ne sommes pas dégénérés, cependant. Nous valons bien nos rivaux. Trouvez des marins plus solides que les nôtres, de meilleurs navires...

Le capitaine terminait par des considérations qui, clairement, selon lui, prouvaient la possibilité, pour notre pays, de regagner le temps perdu.