Les seuls édifices religieux réclameraient des semaines entières, si l'on voulait en détailler les merveilleuses beautés.
La cathédrale, sous le vocable de Notre-Dame, mériterait bien qu'on la dégageât promptement des dernières échoppes dont elle est entourée et que la place ménagée devant son portail fût plus digne d'y livrer accès.
Après tant de descriptions admirablement faites, il serait impossible d'espérer retracer beaucoup de choses nouvelles; mais il peut être permis de dire que la grandiose tour de Beurre et son admirable galerie, que la tour Saint-Romain, plus fruste et comme abandonnée à son ancienneté, disposent l'esprit aux grands souvenirs, si nombreux sous ces voûtes immenses.
Que de fois elles furent prises à témoin de vœux, de traités, de cérémonies ou pompeuses ou funèbres! Rois de France et d'Angleterre, ducs normands et français, hautains seigneurs, puissants prélats y sont venus s'agenouiller les uns après les autres.
De grands noms retentissent. Rollon et Guillaume Longue-Épée, son fils, ont souhaité de reposer à la métropole. Bedford, oncle et tuteur de Henri VI d'Angleterre, Bedford, dont le pied pesa si lourdement sur la France, voulut être inhumé près de ses ancêtres. Pourquoi une inscription ne rappelle-t-elle pas qu'il fut le meurtrier de Jeanne d'Arc!!!
Le cœur de Charles V, roi de France, fut déposé non loin de celui de Richard Ier, surnommé Cœur de Lion.
Dans la chapelle de la Vierge, deux merveilles sculpturales couvrent les tombeaux des cardinaux d'Amboise (oncle et neveu) et de Louis de Brézé, époux de la trop fameuse Diane de Poitiers.
Près de cette dernière sépulture, un autre Brézé dort le sommeil de la mort, sous une pierre moins fastueuse, mais qui émeut davantage un cœur français, car elle rappelle le courage de l'infatigable compagnon de Charles VII, toujours prêt à marcher contre les ennemis de la Patrie.
Rouen.—Tombeau de Louis de Brézé dans la cathédrale.