Nous voudrions pouvoir ne pas oublier un seul des noms dont Rouen s'honore, mais la liste est si heureusement chargée!

On sait ce que fut Bois-Guillebert, l'intègre lieutenant-général (neveu de Vauban), l'auteur du Détail de la France sous Louis XIV: un défenseur des opprimés, un soutien pour les malheureux.

Delarue, dans les premières années du dix-huitième siècle, eut l'idée de faire filer le coton. C'était le point de départ d'une industrie qui allait créer des ressources nouvelles à la ville et contribuer si efficacement à sa fortune.

Lepecq de la Clôture (1736-1804) fut un grand médecin, et Louis Brune (1807-1843) un dévoué sauveteur. Deux rues portent ces noms respectés.


Une statue placée devant le Théâtre des Arts honore la mémoire de Boïeldieu (1775-1834), le chantre des pages délicieuses de Jean de Paris, du Nouveau Seigneur du village, du Chaperon Rouge, de la Dame Blanche, si jeune encore après soixante ans de triomphes dans l'univers entier. Nous savons bien qu'il a été, qu'il est peut-être encore de mode de railler le style de Boïeldieu; mais quiconque aime la musique claire, gracieuse, douce, délicate, émouvante, revient et reviendra toujours à ces partitions poétiques, tendres, vraiment françaises, dont l'impression sur les âmes reste si nette, encore qu'elle ne ressemble pas à un effrayant problème algébrique!

Sur la tombe de Frédéric Bérat, autre compositeur rouennais, on a gravé les dernières mesures de sa chanson la plus connue et devenue si populaire: Ma Normandie! La ville ne pouvait moins faire pour celui qui, si chaleureusement, affirmait son amour du sol natal.