Près Rouen.—Intérieur de l'église de Notre-Dame de Bon-Secours.
Fermand, conseiller au Parlement de Normandie; Fauvel, sieur d'Oudeauville, maître des comptes de la même province; Beaudoin de Launay, également de Rouen (1630-1632), s'associèrent avec Stochove, sieur de Sainte-Catherine, gentilhomme flamand, pour visiter l'Italie, le Levant, l'Égypte, voyage offrant, à l'époque, de sérieux dangers; aussi, dit avec raison M. Gravier, en louant la relation des explorateurs, «les jeunes gens qui en ont le temps et le moyen suivraient avec fruit les traces de nos vieux magistrats rouennais et du flamand, leur compagnon.»
Paulin ou Paul Lucas (1664-1737) réussit plusieurs missions qui lui furent données pour Constantinople et visita principalement la Grèce, Smyrne, l'Asie Mineure, l'Égypte, où il trafiqua des pierres précieuses, après avoir été soldat et marin. Il s'occupa surtout d'antiquités. Le Cabinet du Roi reçut de lui, en 1696, une belle collection.
La chaire.
Voltaire l'a raillé pour sa facilité à «accueillir des fables»; mais Lucas était homme d'esprit et de savoir, et, s'il prenait la peine de relater des fables, c'est qu'elles peuvent souvent ouvrir des horizons à la vérité historique. Si la renommée du voyageur est de beaucoup inférieure à son mérite, on peut dire, avec son biographe, qu'il fait honneur à sa ville natale.
Jules Poret, baron de Blosseville (1802-1833), semblait appelé à parcourir la plus brillante carrière maritime. A vingt ans il se signalait dans le voyage autour du monde de la Coquille, commandée par Duperré, et plusieurs points découverts pendant ce voyage portent son nom. Une rencontre avec l'illustre et infortuné capitaine John Franklin décida du sort du jeune officier. Il souhaita ardemment d'explorer les régions polaires. Ce souhait fut exaucé. Le 9 juin 1833, il recevait le commandement de la canonnière-brick la Lilloise et partait pour l'Islande. Vingt jours plus tard, il découvrait une dizaine de lieues de la côte orientale du Groënland, jusque-là inconnue de tout Européen, terres appelées aujourd'hui «de Blosseville». Le 25 août, il fut encore aperçu par un navire, puis on n'eut plus de nouvelles du jeune et déjà célèbre officier. Vainement trois navires furent-ils envoyés à sa recherche: les glaces polaires ont gardé leur secret.