Pourquoi réveiller ces cruels souvenirs? dira-t-on, peut-être. Pourquoi? Ne pouvons-nous y trouver un aliment à notre douleur, en même temps que le principe d'une force nécessaire à l'attente sage, mais en éveil? Aux noms des martyrs d'autrefois joignons les noms de nos martyrs d'hier, entourons-les d'un souvenir inaltérable!
L'échafaud d'Alain Blanchard nous apprendra comment on peut clouer un vainqueur au pilori!
Le bûcher de Jeanne d'Arc nous rendra la foi dans les destinées de notre pays, trop souvent près de périr, mais renaissant toujours plus grand!
Parle, sublime paysanne! Pénètre nos cœurs, nos âmes, de cet amour de la France pour lequel, sans murmurer, tu accomplis ton cruel sacrifice!
Si nous aimons notre Patrie comme tu l'as aimée, elle réparera une fois de plus ses ruines! Si nous assistons à son triomphe, notre récompense sera grande. Mais, si nous devions succomber en essayant la tâche sainte, inspire-nous ton courage.
Mourir pour la France, si l'on ne peut vivre pour elle, est préférable à l'infamie de douter de son honneur, de déserter son drapeau!...