Abandonné de tous, le cadavre du roi restait nu sur le plancher d'une des salles du château de Rouen. Ému de pitié, un vieux serviteur, Herluin, «simple gentilhomme de campagne,» entreprend de le faire transporter à Caen.

Là, dans cette riche Abbaye-aux-Hommes, sa fondation, il trouvera une sépulture honorable.

La cérémonie commence. Tout à coup, l'ancien cri de haro (celui par lequel les Northmen de Rollon imploraient sa justice) retentit.

Asselin, fils d'Arthur, vient de pénétrer dans les rangs des assistants.

—Le terrain sur lequel s'élève l'église est à moi, proteste-t-il. Guillaume me l'a pris sans me le payer. Je ne veux pas que son corps y repose!

Clergé et seigneurs convinrent de vérifier l'assertion d'Asselin. Il était dans son droit strict et, pour obtenir qu'il retirât sa plainte, on lui acheta, moyennant soixante sous d'or de l'époque, le terrain injustement pris.... Puis la cérémonie continua.

Hélas! une nouvelle infortune attendait les restes de Guillaume.

Quand il s'agit de les ensevelir, le caveau préparé se trouva trop étroit.... On n'en tint compte et l'on chercha à y introduire le cadavre qui ne put résister à la pression.... les entrailles en sortirent!!... Il fallut brusquer l'enterrement et déserter l'église, que l'on eut beaucoup de peine à désinfecter.

Une fois de plus, la mort se montrait ironique et cruelle....

Dans la sacristie de Saint-Étienne, on conserve un portrait, plus ou moins authentique, de celui dont l'audace heureuse devait exercer une si grande influence sur notre pays.