Puis il fait bon voir onduler cette population normande, fraîche, vigoureuse, bien tenue, respirant l'aisance, le contentement.
Après ce tableau, vient celui du port et des bassins où le travail règne en maître: bâtiments long-coursiers, bâtiments caboteurs, petits navires ou barques s'y succèdent presque sans interruption, et, en cherchant bien, il ne serait peut-être pas impossible de retrouver un vieux pêcheur fidèle au costume que son père portait il y a cinquante ans.
Ainsi qu'il est facile de le comprendre, la pêche côtière tient une assez large place dans le commerce local: les huîtres de Courseulles y trouvent un excellent débouché: l'Orne et l'Odon y apportent leur tribut en poissons.
Heure de la montée, «pêche à l'anguille».
A certaines époques, la ville entière paraît vouloir se livrer au plaisir de la pêche. Chacun va se poster sur les bords du fleuve et, beaucoup, sans le secours de filets ni de lignes, réalisent, cependant, une récolte magnifique.
C'est le moment de la montée.
Alors un banc de menu fretin, d'anguillules, arrive en masses compactes, suivant le flux marin. On plonge à même dans l'épaisseur de la marée animée, qui un panier, qui un engin plus primitif encore.
Nous devons l'avouer, l'aspect du résidu de la montée ne nous a pas toujours semblé très engageant. Dans bien des cas, il a l'apparence d'une sorte de gelée frétillante dont nous n'aurions pas volontiers pris notre part.