Cependant, un plat de montée frite est, disent les amateurs, quelque chose de fort délicat.

Cela nous rappelle les minuscules anguilles de la Loire, nommées, si notre mémoire ne nous trompe, civelles, par les Nantais.


Au nombre des excursions préférées par les touristes vient, d'abord, celle du hameau de Calix, où l'on admire la Maison des Gendarmes, construction des premières années du seizième siècle, élevée par Gérard de Nollent, qui en voulut faire, à la fois, un manoir d'agrément et un château capable de subir un siège.

Il y réussit à souhait. Sa demeure participe de ce double caractère: maison de plaisance et forteresse. Le nom qui a prévalu sur celui du fondateur, provient de l'ornementation de la tour occidentale du château.

Deux statues en pierre dominent la plate-forme de cette tour. Elles représentent deux soldats, ou gens d'armes, de l'époque à laquelle vivait Gérard de Nollent. L'un se dispose à croiser la hallebarde dont il est armé, L'autre s'apprête à se servir de son arc. Symbole parlant de la vigilance des défenseurs de la place.

On revit un moment dans le passé, en parcourant ce gracieux logis féodal, et l'on ne se trouve que mieux disposé pour visiter la belle église romane de Saint-Contest; les délicieux ombrages de Louvigny; la belle tour des Ifs et le très intéressant château de Fontaine, bâti sous Louis XI.

Si tout cela n'a pas encore fatigué notre attention, nous nous rendrons dans les divers musées de Caen. La Société d'archéologie a réuni de curieux débris, et le musée d'histoire naturelle a eu l'heureuse fortune d'hériter des riches collections de Dumont-d'Urville.

C'est, du reste, justice, l'illustre contre-amiral étant enfant du pays, et Caen, mieux que sa petite ville natale, Condé-sur-Noireau, pouvant donner un cadre convenable au résumé de ses gigantesques travaux.

Nous quitterons Caen par la voie d'eau, afin de saisir l'occasion de nous rendre un compte exact de son importance. Des navires et embarcations de tout genre croisent notre bateau. Il faut souhaiter que l'on continue à améliorer ce beau canal, artère précieuse pour le commerce de cette partie de la province: pas un des petits ports du Calvados ne pouvant primer le port du chef-lieu.