Ce sentier court, dans la direction de l'ouest à l'est, à égale distance à peu près de la mer et de la route d'Isigny à Arromanches. Il est connu dans le pays sous le nom de Voie du Roi Guillaume.
La tradition rapporte qu'il vit passer le futur Conquérant, en 1047, lors de sa fuite précipitée de Valognes à Falaise.
Un pauvre fou, natif de Bayeux, était venu le prévenir que les barons normands voulaient s'emparer de lui pour le mettre à mort.
Guillaume, effrayé, monte à cheval au milieu de la nuit, passe à gué la baie des Veys, de Sainte-Marie-du-Mont à Saint-Clément, s'arrête dans l'église de Saint-Clément, puis se décide à poursuivre jusqu'à Ryes[43].
[43] A huit kilomètres de Bayeux.
Hubert de Ryes le reçut fort bien, lui donna ses trois fils pour escorte et dépista, par de fausses indications, les chevaliers normands lancés à sa poursuite.
M. de Caumont, dans sa statistique ripuaire (Annuaire de Normandie, 1859), donne les vers si intéressants composés par Robert Wace sur cet épisode.
Quant à la Voie du Roi Guillaume, que l'on devrait plutôt appeler Voie du duc, puisque dix-neuf années séparaient encore le souverain normand de l'heure de la conquête, elle doit remonter à une très ancienne origine, et elle parcourt bien l'itinéraire suivi par le prince.
Évidemment, personne ne peut assurer que Guillaume y ait passé, la tradition n'en reste pas moins curieuse. De plus, l'aspect des lieux se prête merveilleusement à la scène émouvante racontée par Robert Wace[44].