Carentan s'élève au bord d'une petite rivière appelée tantôt Douve, tantôt Ouve, dont l'embouchure se lie à celle de la Taute. C'est aussi dans le port de la ville que vient aboutir le canal de Vire-et-Taute. Il en résulte une réelle activité industrielle et commerciale.
Tourville.
Carentan exporte des eaux-de-vie, des bestiaux, du cidre, et son cabotage donne au port beaucoup d'animation. Sa pêche côtière est des plus productives, des plus suivies.
Notre seconde station rappellera, hélas! une défaite navale.
Jacques II Stuart, roi d'Angleterre, détrôné par son gendre, Guillaume Ier d'Orange, vint chercher asile près de Louis XIV, qui, non content d'accueillir le monarque malheureux, lui accorda des secours pour tenter une expédition contre l'usurpateur.
Une flotte de soixante-cinq vaisseaux devait protéger le débarquement d'une armée de vingt mille hommes. Mais, au dernier moment, une partie de ces navires manquèrent, et Tourville, l'illustre chef d'escadre, ne put en réunir que quarante-quatre, avec lesquels il sortit de Brest, car l'ordre venait de lui parvenir de chercher l'ennemi, sans tenir compte de sa force.
Cet ordre, joint aux informations que croyait posséder le roi Jacques, devait causer un désastre. Les flottes combinées des Anglais et des Hollandais venaient de se joindre. Tourville les rencontra, le 29 mai 1692, à l'extrémité de la pointe du Cotentin, formant, maintenant, la majeure partie du département de la Manche.