Enthousiasmés, les Malouins voulurent voter une magnifique récompense à ce merveilleux pilote. Mais, aussi modeste après la réussite qu'il s'était montré hardi pour en obtenir la responsabilité, il demanda... son congé!!!

Quel plus bel exemple de générosité, de patriotisme vrais?

Hervé Riel, le héros obscur dont le nom est à peine cité dans quelques chroniques rarement feuilletées, mérite plus qu'un chaleureux souvenir, qu'un mot reconnaissant....


Il y a neuf ans, nous publiions le récit de son héroïque action dans un travail sur la Bretagne intitulé: Les Pays oubliés[47].

[47] Publié par la Revue du Monde catholique.

Au mois d'août 1882, nous retrouvions son nom dans un article signé: James Darmesteter, publié par le journal le Parlement.

Avec surprise, mais aussi avec une joie profonde, nous apprenions qu'un Anglais, le poète Robert Browning (mari de cette admirable femme: Elisabeth Browning, poète comme lui), a consacré à Hervé Riel une superbe pièce de vers dont le prix fut versé dans la caisse de secours organisée à Londres après nos désastres de 1870.

Sincère ami de la France, Browning a exalté Riel, l'humble pilote, le vrai Français qui ne voulut pas laisser tomber aux mains ennemies les navires, débris d'un combat si glorieux, quoique malheureux.

Le cœur tressaille quand, ainsi, sont remises en pleine lumière les gloires nationales, et nous voudrions voir proclamer bien haut les noms signalés à la gratitude de la France par des actes faits pour ranimer son courage!