Sous l'action incessante du flot, la base de cette presqu'île a fini par se creuser en grottes dont les parois, révolues de mousse marine, semblent laisser ruisseler une pluie de sang.
Le promontoire lui-même a dû subir de nombreux chocs et, sans doute, sa forme actuelle est l'œuvre de la mer. Il se développe en croissant, dont l'extrémité nord se hérisse des crêtes aiguës du Rocher-Fourchu, et l'extrémité sud des roches dites le Corps-de-Garde.
Ce fut sur ce cap, fortifié naturellement, que Grannon, seigneur normand, bâtit une chapelle, origine d'un hameau de pêcheurs, plus tard devenu cité.
Au treizième siècle, un seigneur de Granville est mentionné; mais l'importance de la ville ne date que du milieu du quinzième siècle, où elle devint une place forte ardemment disputée pendant les guerres sans cesse renaissantes entre les Français et les Anglais.
Eglise de Granville.
Les fortifications ont été reconstruites au dix-huitième siècle et améliorées encore depuis. Mais ce qui nous intéressera beaucoup plus, c'est la prospérité continuellement ascendante du commerce granvillais.
Prospérité due à la pêche et aux transactions maritimes, renaissance de la florissante époque (1786) où l'on comptait, à Granville, plus de six mille marins, soumis aux devoirs de l'inscription.