La guerre civile, d'abord, puis les campagnes sans fin de Napoléon Ier portèrent un terrible coup à la laborieuse ville. Mais elle a su vite reprendre son essor.

Granville ne cesse de concentrer ses efforts pour que la navigation trouve chez elle toutes les facilités possibles afin d'attirer le mouvement commercial qui est une de ses grandes ressources.

L'entrée du chenal a été rendue plus commode, le bassin à flot peut contenir plus de cent navires, n'importe quel en soit le tonnage: De grandes frégates y recevraient asile. Un nouveau môle, c'est-à-dire une jetée disposée de manière à assurer la sécurité de la rade, a été construit tout en granit; les quais ont été prolongés. En un mot, Granville estime, avec raison, qu'elle ne saurait trop faire pour assurer sa prospérité maritime.

Paysanne des environs de Granville.

On se trouve, ici, en plein pays de pêche. Les armements pour les bancs de morue de Terre-Neuve et d'Islande sont toujours très actifs, ainsi que les industries, conséquences, non seulement de cette pêche, mais de toutes les autres.


C'est un bien charmant tableau que celui dont on peut jouir de la pointe du promontoire. Les navires entrent et sortent pressés, les bateaux pêcheurs forment de petites flottilles; les paquebots, en relations quotidiennes avec Jersey et Guernesey, portent presque toujours de nombreux voyageurs; les canots de plaisance bercent doucement sur les vagues des passagers souvent intimidés de leur propre audace—et, formant cadre au panorama,—l'imposante baie du mont Saint-Michel se déploie, large, sereine, fière du splendide édifice qui lui a donné son nom.

Les heures semblent trop courtes; on revient avec un empressement toujours nouveau à cette place d'où l'œil se repose, enchanté, sur mille objets pleins d'intérêt.