Après M. Chèvremont, un savant consciencieux, M. Quenault, pousse le cri d'alarme.
«Cette année, écrivait-il en 1882, deux grandes marées, celles de mars et d'août, poussées par une tempête, ont augmenté le domaine de la mer aux dépens de notre rivage (la côte voisine de Coutances) d'une largeur d'environ dix mètres. Depuis vingt ans, la mer n'avait pas été aussi haute; les dunes sont coupées à pic dans toutes les communes du littoral. La mer a été terrible dans la dernière marée; elle a disloqué complètement une chaussée.»
Le Mont Saint-Michel et la fontaine Saint-Aubert.
Il y a donc près de trente ans que M. Quenault poursuit ses investigations, et chaque étude nouvelle lui donne raison.
Comment les parties friables d'un terrain pourraient-elles subir, sans se désagréger, la morsure acharnée des flots? Le granit lui-même s'y effrite.
Passons à travers le dédale de l'archipel normand, voyons les courants se replier en serpents agiles autour de chaque îlot.
Recueillons les souvenirs des vieillards: plus d'un a vu le temps où la mer était moins proche du rivage.