Nous ne pouvons donc compter, pour échapper aux catastrophes prévues par la science, que sur la solidité du granit formant la majeure partie de nos rivages du nord-ouest.
Mais il ne faut pas, non plus, oublier que les phénomènes naturels ont, tour à tour, des périodes de progression et d'arrêt. Si la mer envahit certaines plages, elle se retire de quelques autres.
A la science moderne de pénétrer les lois qui régissent ces oscillations, ces dépressions. Quand elles seront bien connues, le génie humain pourra leur poser des bornes.... sauf à les voir renverser par la volonté devant qui tout s'incline: celle de Dieu.
Les difficultés qui, jadis, rendaient sérieux un voyage au Mont Saint-Michel ont disparu. Une digue a été construite, elle permet d'accéder en tout temps au pied de l'antique forteresse, et le village de Moidrey, point terminal de ce travail, en a acquis une certaine importance.
Mais des réclamations se sont élevées, on craint que la mer batte, maintenant, avec trop de violence les vieilles murailles d'enceinte. C'est peut-être une crainte vaine. En tout cas que l'on se rassure: un semblable monument est un trésor inestimable sur lequel on veille sans cesse.
Le roc servant de base au vieux monastère émerge des sables sur une superficie de neuf cents mètres et s'élève à une hauteur de quarante-cinq mètres; son escarpement est considérable.