Nous voici accoudé sur la balustrade supérieure entourant le chœur; l'horizon a grandi. Il grandit encore à chaque nouvelle marche gravie.... Bientôt, devant la baie entière, se dégagera une sensation de beauté, de génie, de splendeur qu'il serait impossible de dépasser.
Reprenons le même chemin; il nous reste à parcourir les étages souterrains creusés dans le roc vif. Leurs noms disent assez ce que devaient être de telles prisons.
Le Grand Exil, le Petit Exil, le cachot du Diable, des caveaux où jamais un rayon de jour n'a paru....
On en sort au plus vite, en poussant des soupirs de soulagement, en respirant avec bonheur l'air frais envoyé par la mer.
De même, on ne peut pas partir sans voir la Tour Perrine, le Châtelet, la Tour Claudine, la Tour Boucle, le Corps de garde, la Tour du Guet, la Tour Gabriel, supportant les ruines d'un moulin à vent.... Ou, pour parler plus exactement, rien ne laisse indifférent, et, après avoir vu, on désirerait voir encore.
Nous sommes, de nouveau, dans la petite ville du Mont. C'est son importance militaire, au moyen âge, qui lui a valu une qualification dont, aujourd'hui, on sourit volontiers.
Sa population se compose tout entière d'hôteliers et de marins. On doit s'adresser à ces derniers si l'on veut clore le voyage par la contemplation d'un tableau magique: le tour du rocher fait au moment de la haute marée. Il n'a de comparable que le flux équinoxial pendant lequel la mer, d'abord retirée à quatorze kilomètres de distance, monte avec une furie, un déchaînement de vagues implacables.
Lors du plein d'une haute marée, l'ensemble est autre. Sans crainte, on peut se confier aux hardis pêcheurs, ils connaissent le moindre repli des grèves.