Pas plus que ses sœurs, les autres villes de Flandre, Mardyck n'échappa aux conséquences des guerres incessantes dont la province fut le théâtre. Depuis l'année 943, où les Normands la brûlèrent après l'avoir pillée, elle subit plusieurs sièges, passa et repassa, alternativement, des mains d'un prince à celles d'un autre souverain; fut conquise, en 1558, par les Français; livrée, par un traître, aux Espagnols, et reprise après avoir subi les horreurs d'un long siège. Perdue de nouveau pour nous, Turenne l'enlevait en 1657, et le traité des Pyrénées nous confirmait sa possession.


Vinrent les malheurs de la fin du règne de Louis XIV, puis la paix d'Utrecht, qui terminait la guerre causée par l'avènement du petit-fils du roi au trône d'Espagne.

Quoique cette paix, fruit des victoires de l'illustre Villars, fût, en elle-même, le salut pour la France, plusieurs de ses clauses étaient bien lourdes. Ainsi, nous le savons, les Anglais avaient obtenu la destruction du port et des fortifications de Dunkerque.

L'acte de vandalisme resta à mi-chemin d'exécution, mais c'était trop, encore, pour Dunkerque, dont ce coup terrible provoquait l'anéantissement.

Désespéré, Louis XIV essaya de créer un autre port sur cette côte si importante à la défense et au commerce du pays.

Il choisit Mardyck.

Parmi les immenses travaux entrepris, figurait un canal intérieur devant relier la ville à Dunkerque. Mais nos ennemis ne se méprirent pas sur les conséquences d'un tel projet, et s'y opposèrent avec tant d'acharnement que le duc d'Orléans, Régent de France, se vit, en 1717, obligé de détruire l'œuvre de son oncle.

Mardyck ne se releva pas de l'épreuve.